Changement climatique : Des parlementaires plus sensibilisés
mais encore peu mobilisés
En septembre dernier, le Centre
de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF) a
réalisé et publié une étude
sur la façon dont la problématique de l'environnement
était perçue par les parlementaires. En tout,
deux cents députés et sénateurs ont
été interrogés entre le 18 novembre
2009 et le 4 mars 2010... en plein Climategate bilan
plus que mitigé de la conférence de Copenhague.
Cette étude commandée par l'Agence
de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
(Ademe) montre que depuis 2003, date à laquelle
un précédent sondage avait eu lieu, les parlementaires
réalisent de plus en plus que le changement climatique
est une composante à intégrer dans leur politique.
En
2003, l'Ademe cherchait avant tout à savoir comment
s'adresser aux parlementaires pour les mobiliser. A ce moment,
le changement climatique n'était pas encore très
présent dans les médias. Cette année,
Daniel
Boy, responsable scientifique de l'étude, ajoute
que « les questions qui ont été adressées
aux élus avaient d'abord été étalonnée
par le grand public ».
Premier constat: la divergence de mobilisation
et de sensibilisation des élus par rapport aux citoyens
est très importante. En effet, la sensibilité
des parlementaires au réchauffement climatique est
très faible. Autre élément digne d'intérêt,
il existe une différence de point de vue très
forte selon la sensibilité politique
des parlementaires. Par exemple, 45% des élus de
droite privilégient un choix d'activité préservant
l'environnement au profit d'une relance forte de l'économie
(49 %) contre 75% des élus de gauche.
Parallèlement, Daniel Boy qui réalise aussi
des études chaque année auprès du grand
public pour l'Ademe, constate qu'en 2010, « la sensibilité
au réchauffement a diminué alors que l'adoption
de comportements vertueux augmente ». Pour expliciter
cette tendance, il souligne que « les parlementaires
sont souvent soumis à une attitude de responsabilité
immédiate et se penchent plus facilement
sur les questions du nucléaire ou de l'éolien
tandis que le grand public est beaucoup plus motivé
par les économies d'énergie! »
Quant à la progression de la sensibilité
des parlementaires aux questions environnementales, elle
peut s'expliquer par la combinaison de plusieurs facteurs:
la médiatisation accrue des sujets
environnementaux, la pression locale exercée
par leurs électeurs, les contraintes de la
réglementation internationale et la place
prise par les organisations environnementales,
en particulier la Fondation Nicolas Hulot, lors de la campagne
présidentielle de 2007.
Cela se traduit notamment par une confiance plus forte dans
les solutions techniques - par exemple pour maîtriser
l'énergie - mais aussi par une posture plus proactive
sur le sujet.
Malgré tout, les parlementaires restent bien moins
sensibles que la population au niveau de la prise de conscience
du changement climatique et du caractère urgent de
ce problème. Les thèmes liés à
la croissance économique gardent une place importante,
probablement liée au fait qu'ils impactent immédiatement
la société quand le changement climatique
reste plus lointain...
Gayané Adourian
Journaliste rattachée au blog Pri(s)me
de tête
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à l'étude
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