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En 2009, le projet
de recherche INNOV porté par Emeric Henry, a été
le seul projet en sciences humaines et sociales qui a obtenu
une chaire d’excellence junior de l’Agence Nationale
de la Recherche, et ce pour un budget de 280 000 €.
Qui
est Emeric Henry ?
Docteur
en économie de l'université de Stanford, en
2006, il a immédiatement été recruté
à la London Business School, en tant qu'assistant
professor. Depuis septembre 2009, il a rejoint le Département
d'économie de Sciences Po.
Ses recherches portent sur l'organisation industrielle,
les politiques pour encourager l’innovation et l'économie
de l'environnement. Il a été distingué
par une série de prix (Stanford Institute for Economics
Policy Research, RAMD Award LBS).
Emeric Henry a publié dans plusieurs revues économiques
de réputation internationales : American Economic
Review, Journal of Public Economics, Economic Journal. Il
est membre du Center
for Economic Policy Research.
Plus d'informations
Qu'est
ce que le projet INNOV ?
L’innovation est l’un des moteurs
essentiels de la croissance.
Les économistes ont par ailleurs souvent considéré
que les brevets sont indispensables pour encourager les
investissements dans la recherche et pour faciliter la diffusion
des résultats. Cependant, récemment, certains
se sont prononcés en faveur d’une réforme
du système des brevets. Dans un
même temps le secteur informatique a été
témoin d’une croissance rapide du mouvement
de code source libre - open source - qui
se fonde sur l’idée qu’un monde sans
protection de la propriété intellectuelle
est plus propice à l’innovation. Le projet
que je propose a pour but d’étudier
les sources de profits des innovateurs en l’absence
de brevets et d’examiner les inefficacités
dans la diffusion des technologies quand ceux-ci
existent.
La première partie du projet tentera de déterminer
si la possibilité de vendre la connaissance
nécessaire pour la production de l’innovation
peut procurer de larges profits aux innovateurs
même en l’absence de brevets.
Des résultats préliminaires suggèrent
en effet que les profits pourraient être proches de
ceux d’un monopole. L’intuition est
la suivante : la compétition sur le marché
de la connaissance fait chuter le prix de l’entrée
pour les imitateurs qui entrent tard. Les imitateurs
attendent donc avant d’imiter et l’innovateur
accumule des profits même en l’absence de brevets.
Ces résultats pourraient constituer une remise
en cause fondamentale du système de protection
légale.
La seconde partie se concentre sur un autre mécanisme
qui génère des profits pour les innovateurs
en l’absence de protection. Cette idée se fonde
sur l’observation détaillée du mouvement
de code source libre dans l’industrie informatique.
Il semble que les imitateurs, bien qu’ils puissent
légalement copier, limitent leur activité
d’imitation pour préserver les incitations
de l’innovateur principal à améliorer
son produit. Cette interaction entre innovateur et imitateur
ressemble à celle d'un parasite
qui choisit de préserver la santé de sa proie.
Le but sera de tester cette intuition dans un modèle
théorique.
Enfin, la dernière partie étudie la
diffusion de technologies. Cette partie sera théorique
et empirique. L’objectif est de démontrer
que même quand des brevets existent, le transfert
peut avoir lieu inefficacement tard en raison d’asymétries
d’information entre l’innovateur et
l’acheteur potentiel. Les résultats seront
testés sur des données provenant de l’industrie
pharmaceutique.
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