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Le Medialab de Sciences Po

Dernière mise à jour le 7/09/09

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Qu’est-ce qu’un Medialab ?

Inspiré d’une structure créée et mise en place au Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Cambridge, le Medialab porté par Sciences Po n’entend pas être une réplique de ce célèbre laboratoire. Il s’agit de constituer un laboratoire de moyens numériques centré sur tous les nouveaux moyens de communication et de productions de données engendrés par les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). D’où le nom « média lab ».

Pourquoi un Medialab à Sciences Po ?

Le développement, la diversification et la diffusion de plus en plus large des nouvelles technologies numériques ont provoqué une révolution des conditions d’accès aux sources du savoir et de la connaissance dont on mesure chaque jour davantage l’ampleur et les conséquences. Les établissements universitaires sont directement touchés par ces évolutions majeures. C’est pourquoi Sciences Po entend placer la « révolution numérique » au cœur de son projet éducatif et scientifique.
Le Medialab constitue un élément crucial dans la mise en place d’une politique numérique à Sciences Po. Il répond à trois grandes faiblesses :
l’absence d’infrastructure, de laboratoire centré sur tous les nouveaux moyens de communication et de productions de données engendrés par les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC)
malgré les efforts, l’enseignement reste encore trop fondé sur des formes pédagogiques traditionnelles et sur des modes d’apprentissage ou dévaluation peu novateurs.
un grand déficit en matière d’usage scientifique du numérique avec, notamment une très faible projection dans le cyberespace ; plus préoccupant encore pour un établissement spécialisé en sciences sociales, on y a fort peu recours aux méthodes quantitatives maintenant généralisées dans ce champ de la connaissance. Les nouvelles méthodes « quali-quantitatives » sont encore trop souvent ignorées par les chercheurs, les enseignants et par les élèves, alors même qu’elles permettent aujourd’hui de conduire une recherche de pointe.

En conséquence, Sciences Po entend se doter d’une infrastructure de pointe qui permettra aux enseignants et aux chercheurs de découvrir les nouvelles techniques, d’en appréhender les possibilités et d’en tester l’extension éventuelle à une plus large diffusion. Le Medialab sera d’abord un centre de ressources et de compétences (sensibilisation/veille/support/banc d’essai) et à plus long terme un centre de recherche qui devra lui-même devenir un centre d’excellence autant dans le domaine des nouveaux outils « quali-quantitatifs » que dans celui de leur application aux sciences politiques ou aux nouvelles techniques d’occupation du cyberespace.

Sans un lieu d’expérimentation, de veille technologique, de recherche, il est impossible de familiariser une communauté académique et ses élèves avec ces techniques pourtant indispensables à leurs travaux et à leurs carrières.

Quelles sont les orientations scientifiques du Medialab ?

Un renouvellement des méthodes quantitatives en sciences sociales

Une révolution a eu lieu depuis le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) dans ce qu’on pourrait appeler la « traçabilité » du social. Jusqu’à la fin du siècle dernier, le seul moyen d’appréhender quantitativement les opinions, les trajectoires, les carrières, les attitudes, consistait à les agréger dans des ensembles statistiques correspondant ensuite à des types plus ou moins marqués.
D’immenses avancées ont été faites par le développement de ces méthodes. Toutefois, depuis une quinzaine d’années, de très nombreuses autres formes de « traçabilité » ont vu le jour. Elles consistent pour l’essentiel à identifier la « trace » que les membres des sociétés développées laissent derrière eux par le simple fait d’utiliser une technique numérique quelconque. Les réservoirs de données ainsi disponibles sont immenses et largement inexploités. Ils remettent en cause la distinction entre agrégat et individu puisqu’il est possible de suivre quantitativement des carrières individuelles en très grand nombre. D’où l’expression de méthode « quali-quantitative ». Aucun des secteurs de l’enseignement et de la recherche en sciences sociales ne peut aujourd’hui se passer de l’apprentissage et du développement de ces méthodes.

Une cartographie du cyberespace

La numérisation accrue entraîne la matérialisation chaque jour plus grande des activités dans le « cyberespace ». Cet ou plutôt ces espaces doivent faire l’objet d’une géographie et d’une cartographie très spécifique mais aussi méticuleuse que celle de la géographie ordinaire puisqu’ils renouvellent complètement la notion de ce qu’on appelle usuellement un « territoire ».
Les unités de mesure sont certes différentes, mais l’urgence scientifique « d’objectiver » le cyberespace et de donner corps à la notion de territoire n’en est pas moins grande. Surtout pour un établissement comme Sciences Po qui s’est pleinement investi dans l’étude des relations internationales, la compréhension de l’espace mondial et de la globalisation. Ces techniques de « cybergéographie », qui connaissent actuellement un grand développement doivent être accessibles aux élèves – à tous les stades de leur cursus universitaire - aux enseignants et aux chercheurs concernés – de près ou de loin – par ces problématiques

Un renouvellement de l’expression citoyenne

L’originalité de Sciences Po est de ne pas être simplement un lieu de recherche sur les sciences politiques au sens large du terme, mais un espace d’expérimentation, d’apprentissage et de préparation à l’exercice de la vie publique. Or, le cyberespace dessiné par les nouvelles techniques de numérisation est aussi un nouvel espace public. Il est donc particulièrement important que le Medialab permette l’expérimentation et l’apprentissage des nouveaux espaces de la démocratie, des nouveaux outils de la formation de l’opinion, des nouveaux contre-pouvoirs critiques. Cela est vrai dans tous les domaines d’étude et de recherche qui, comme l’écologie politique ou l’étude de certaines politiques publiques, exigent un contenu technique et scientifique élevé et où la formation de l’opinion requiert des outils nouveaux.

Un banc d'essai pour les nouvelles techniques pédagogiques

Le développement, la diversification et la diffusion de plus en plus large des nouvelles technologies numériques ont provoqué une révolution des conditions d’accès aux sources du savoir et de la connaissance dont on mesure chaque jour davantage l’ampleur et les conséquences. Des établissements universitaires comme Sciences Po sont très directement touchés par ces grandes évolutions. On en connaît les enjeux stratégiques : l’intégration progressive des fonctions pédagogiques, scientifiques et documentaires ; le passage d’une logique d’accumulation à une logique d’accès ; le besoin d’instances de médiation destinées à réguler le flux d’une information surabondante et protéiforme ; la nécessité de développer le partage des compétences et le travail en réseau, de concevoir de nouveaux services, etc.
Deux enseignements « pilotes » trouveront plus particulièrement place au sein du Medialab : l’enseignement de cartographie des controverses scientifiques et l’enseignement de premier cycle consacré à l’apprentissage des techniques et méthodes quantitatives appliquées aux sciences sociales. Ce lieu pourra en outre être mobilisé comme un espace propice à la formation continue des enseignants et à leur acculturation aux nouveaux usages pédagogiques offerts par les NTIC.

Un renouvellement de l’usage des ressources documentaires

Sciences Po est au centre d’un ancien et important dispositif documentaire destiné à procurer aux sciences sociales et à l’enseignement des sciences politiques un lieu de ressources indispensables. En effet, depuis plus de cinquante ans, la bibliothèque de Sciences Po possède et offre à ses lecteurs l’une des plus riches collections européennes d’ouvrages et de périodiques relevant des sciences sociales.
En complément de l’amélioration des conditions d’accès « physique » aux documents, la bibliothèque s’efforce aujourd’hui de faciliter l’accès aux documents par le biais de la numérisation. Pour ce faire, un grand programme de développement de ses ressources numériques (bases de données, open archives, documents d’enseignement, etc.) a été engagé. Il s’inscrit pleinement dans le projet général du Medialab. En offrant un accès plus aisé, plus souple et plus rapide à un vaste corpus de sources d’information, le Medialab devrait entraîner une modification très sensible de l’usage des ressources documentaires. En outre, il ouvrira des pistes pour des services documentaires nouveaux et originaux, porteurs de développement pédagogiques féconds. Alors que les masses étudiantes réduisent trop souvent leur utilisation des ressources documentaires aux manuels ou ouvrages de seconde main au détriment des textes de base, le Médialab favorisera l'accès à la documentation primaire, aux textes fondamentaux ainsi qu'aux données.

Des modes d’évaluation novateurs

L'évaluation est une manière - parmi d'autres - d'estimer la qualité de la recherche. Si l'évaluation peut avoir des travers - elle est parfois réductrice, reflète difficilement les aspects qualitatifs et le long terme - elle est néanmoins un outil important sur la base duquel un échange éclairé sur la qualité de la recherche peut se mettre en place.
L'essentiel est de maîtriser l'intérêt et les limites de cet exercice et surtout de compléter cet exercice par d’autres moyens de représenter la recherche. L’objectif du Medialab est de tester ces nouveaux outils de représentation, qu’on appelle encore quali-quantitatifs, et de venir un pôle d’excellence dans ce domaine afin de pour voir être en mesure de répondre aux enjeux de l’évaluation, externe et interne. Le développement des nouvelles technologies permet aujourd’hui de pouvoir visualiser à la fois l’ensemble de la recherche, la recherche par discipline, par domaine et enfin l’individu, séparément ou simultanément.
Ce volet évaluation sera développé en étroite collaboration avec la Bibliothèque et le projet Spire qui vise à être l’application unique qui gère, de façon centralisée et transversale, l’ensemble des publications issues de la communauté académique de Sciences Po. Spire permet également, en participant à l’Open Archive Initiative (OAI), le libre accès aux résultats de la recherche. A terme, en lien étroit avec le Medialab, Spire constituera le support nécessaire à la création d’indicateurs et au développement d’une démarche scientométrique permettant de situer la place de Sciences Po au niveau mondial et national et contribuera à la stratégie de communication et de valorisation de la recherche à Sciences Po.


Simulation de scénarios/serious games

Les mondes virtuels sont en expansion constante depuis quelques années maintenant et le Medialab ne peut ignorer ces développements d’autant qu’ils peuvent constituer une opportunité extraordinaire pour les sciences sociales par leur capacité à pouvoir simuler le monde réel. Il existe déjà un grand nombre d’expérimentations éducatives dans des mondes virtuels tel que Second Life, ainsi que de nombreux exemples de serious games (jeux militaires, jeux humanitaires et activistes…). Mais aujourd’hui de nombreuses entreprises commencent également à s’intéresser de près aux potentialités ouvertes par les jeux en réseau et les mondes virtuels car ces outils permettent de simuler des scénarios inspirés de la vie réelle et de tester et observer différents publics, leurs comportements, et donc d’anticiper les évolutions. Outre les grandes potentialités pédagogiques qu’elles peuvent offrir, ces nouvelles technologies peuvent également contribuer au renouvellement des méthodes en SHS via l’analyse de ces nouveaux réseaux sociaux qui nourrissent incontestablement les enquêtes de nos chercheurs et via la simulation de scénarios pouvant tester des dispositifs particulières et contribuant ainsi notamment à l’anticipation de situation de crises.

Quelles sont les missions du Medialab ?

Sensibilisation et formation aux nouvelles technologies
Mise en commun des outils et des compétences scientifiques et techniques
Fédérer les chercheurs et les différentes disciplines de Sciences Po.
Hébergement de projets
Recherche
Diffusion des résultats et projection de Sciences Po dans le cyberespace

Quels sont les domaines d’action du Medialab ?

Traitement et analyse des données
Production et construction de données
Représentation/communication des données
Méthodologie

A qui s’adresse le Medialab ?

Le Medialab est un instrument qui s’adresse prioritairement et essentiellement à la communauté académique de Sciences Po, c’est à dire aux chercheurs et aux enseignants.

De quoi est composé le Medialab ?

Un lieu doté d’un équipement de pointe
Une équipe : un comité de pilotage ; une direction ; un personnel dédié, chargé de veiller au maintien de l’équipement, d’assurer une veille technologique, de servir d’interface entre les « clients » internes et l’appareil lui-même par un tutorat personnalisé de très haute qualité.
Un réseau : Sciences Po ne dispose pas de toutes les compétences nécessaires et n’a pas vocation à les « internaliser ». Le Medialab servira donc de tête de réseau à un regroupement de centres de recherche et d’établissements, en particulier l’école des Mines de Paris et Télécom Paris, avec lesquels des contacts étroits existent déjà. Ce réseau devrait permettre la circulation, le renouvellement et la diffusion des compétences de recherche dans les différents domaines touchés par le Medialab. Un accent sera mis sur le développement de partenariats avec des écoles d’ingénieurs.
Une pépinière d’entreprises

Quels sont les partenaires du Medialab ?

L’école des Mines de Paris, Centre de sociologie de l’innovation (CSI), via Dominique Linhart, chargé de recherche au CSI.
Télécom Paris (ENST), Département Sciences humaines et sociales et Groupe des écoles des télécommunications (GET) – ENST, via Christian Licoppe, Professeur de sociologie des technologies d’information et de communication.
WEB ATLAS, via Franck Ghitalla et Mathieu Jacomy
Lutin-userlab, Laboratoire des usages en technologie de l’information numérique, Cité des Sciences et de l’Industrie – La Villette, via Dominique Boullier, Directeur, Professeur des Universités en sociologie, Directeur du LAS EA 2241 (Université Rennes 2)
Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Cambridge, via Vincent Lepinay, Assistant Professor (STS)

Ces différentes unités sont reconnues pour leur exigence intellectuelle, et leur innovation scientifique et pédagogique. L’alliance de Sciences Po avec de telles institutions offre donc des garanties d’efficience et de continuité. La création du Medialab permettra de concentrer ces forces autour d’un projet intellectuel élaboré en commun et porté par une volonté politique partagée.

 

 

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