| |
| La
recherche à Sciences Po en 18 questions |
 |
|
La
valeur universitaire d’une institution se mesure
à la force, la densité et la fécondité
de sa recherche. La recherche est un moteur du développement
de Sciences Po. Le défi est de parvenir à
hisser cette recherche à un très haut
niveau d’excellence qui se mesure, entre autres,
à sa réputation internationale. Cet objectif
est ambitieux, pour l’atteindre, Sciences Po se
mobilise : en 2010, l’effort de recherche devra
atteindre 40% de son budget.
Gérard
Grunberg, directeur de recherche au CNRS (CEVIPOF)
est le directeur scientifique de Sciences Po. Il a pour
mission de conduire la politique scientifique de l’établissement,
en étroite concertation avec Marc Lazar,
professeur des Universités à l’IEP
de Paris et directeur de l’Ecole doctorale. Ils
répondent à 18 questions sur la recherche
à Sciences Po et en dressent un état des
lieux au moment où s’engagent d’importantes
réformes.
|
|
| |
|
|
|
|
| |
.
|
|
Gérard
Grunberg est directeur adjoint de Sciences
Po et directeur scientifique. Il est directeur
de recherche au CEVIPOF (Centre de recherches
politiques de Sciences Po).
Gérard Grunberg est spécialiste
en sociologie politique, il travaille sur les
thèmes du comportement électoral,
les systèmes de valeurs et de représentations
politiques. Il est également reconnu
pour ses travaux et recherches sur les socialismes
français et européens. Son dernier
ouvrage paru, en octobre 2005, a pour titre
L’ambition et le remords, les socialistes
français et le pouvoir 1905-2005
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
|
|
| |
.
|
|
Marc
Lazar, professeur des Universités
à l'IEP de Paris est le directeur de
l'Ecole doctorale de Sciences Po. Il dirige
le groupe de recherche sur l'Italie contemporaine
au CERI (Centre d’Etudes et de Recherches
Internationales). Historien et politiste, Marc
Lazar est spécialiste du communisme,
notamment en France et en Italie, des gauches
socialistes et social-démocrates en Europe
occidentale et de la vie politique italienne.
Il termine actuellement un ouvrage intitulé
L’Italie à la dérive,
le moment Berlusconi.
|
|
| |
|
|
|
|
|
| 1/
Quelles sont les missions de la Direction scientifique
de Sciences Po ? |
|
La
Direction scientifique de Sciences Po définit
les grandes orientations de la politique scientifique
de l’établissement. Elle
s’attache à faire vivre à
Sciences Po une véritable communauté
scientifique et intellectuelle. La Direction
scientifique exerce avant tout une fonction
d’impulsion et de coordination
(des unités les unes avec les autres
; des unités de recherche avec les autres
composantes de l’établissement
; des unités de recherche de Sciences
Po avec des unités ou des organismes
extérieurs à l’établissement).
Parmi ses activités, le directeur scientifique
est régulièrement invité
à assister aux conseils de laboratoire.
Il y fait fréquemment des interventions
ponctuelles (sur tel ou tel point d’actualité),
expose les orientations stratégiques
de l’établissement en matière
de politique scientifique et répond aux
questions des chercheurs. Il est aussi associé
aux réunions budgétaires au cours
desquelles l’administrateur de la FNSP
établit - sur proposition du directeur
de centre - le budget annuel des unités
de recherche.
|
|
 |
|
| 2/
Quel est le rôle de l’Ecole doctorale de Sciences
Po ? |
 |
|
La
vocation première d’une Ecole doctorale
est de préparer au doctorat et d’assurer
l’insertion professionnelle des docteurs.
Ces dernières années, la direction
de l’Ecole doctorale de Sciences Po s’est
particulièrement attachée à
étoffer et renforcer la formation et l’encadrement
des doctorants. Une politique rigoureuse d’admission
et de suivi des thèses a été
mise en place, elle entend faciliter l’intégration
des doctorants dans les centres de recherche et
favoriser leur insertion professionnelle.
Le but est de dépasser l’isolement
encore trop fréquent des doctorants durant
l’élaboration de leur thèse,
de contribuer à l’approfondissement
de leur professionnalisation et d’accroître
ainsi les possibilités de débouchés
sur le marché du travail.
|
|
| 3/
Quelle est la place de la recherche à Sciences
Po ? |
|
Sciences Po remplit les quatre missions d’un grand
établissement universitaire : formation initiale
et continue, documentation, publication et recherche.
Dès sa création en 1945, mission a été
donnée à Sciences Po de participer au
développement de la recherche dans les sciences
politiques (histoire, économie, sociologie
et science politique). Sciences Po est autant
une institution d’enseignement supérieur
qu’une institution de recherche. La recherche
à Sciences Po présente aujourd’hui
des caractéristiques uniques dans le paysage
de la recherche universitaire en sciences humaines et
sociales. Les travaux de recherche portent sur
la science politique, l’économie, les relations
internationales, la sociologie, l’histoire et
plus récemment le droit. Leur développement
est assuré conjointement par les centres de recherche
et l’Ecole doctorale de Sciences Po.
|
| 4/
Combien y a-t-il de chercheurs à Sciences Po ? |
|
175 chercheurs et enseignants-chercheurs
travaillent au sein des différents centres de
recherche dont 84 chercheurs relèvent
de la Fondation Nationale des Sciences Politiques (FNSP),
dont 9 rattachés aux IEP de Bordeaux et de Grenoble
; 60 du Centre National de la Recherche Scientifique
(CNRS) ; 34 sont des enseignants-chercheurs
; 2 des professeurs des Universités titulaires
d’un autre établissement et 4
sont membres des personnels de l’Education nationale.
Par ailleurs, l’Ecole doctorale accueille
582 étudiants qu’elle forme à
la recherche, par la recherche.
Il
faut ajouter que les centres de recherche accueillent
également près de 80 chercheurs associés,
5 directeurs de recherche émérites,
20 chercheurs ou enseignants-chercheurs invités
(Chercheurs étrangers accueillis par un laboratoire
pour une durée supérieure ou égale
à 6 mois).
Ces
chercheurs se répartissent dans neuf centres.
Le nombre et la taille de ces centres, la proportion
de chercheurs par rapport aux enseignants-chercheurs,
le nombre de chercheurs qui enseignent et l’intensité
des liens avec le CNRS attestent pleinement l’engagement
de Sciences Po dans la recherche scientifique. Il est
à noter qu’à Sciences Po, les chercheurs
sont quatre fois plus nombreux que les enseignants-chercheurs,
ce qui est exceptionnel dans le paysage universitaire
français.
|
| 5/
Quels sont ces centres de recherche ? A quels objets de
recherche se consacrent-ils ? |
|
9
centres de recherche assurent le développement
et le rayonnement de la recherche à Sciences
Po :
- le
Centre d’études et de recherches
internationales (CERI), dirigé par
Christophe Jaffrelot, directeur de recherche au CNRS
; il traite des thèmes des relations internationales
mais aussi des phénomènes politiques,
sociaux et économiques à l’échelle
des continents. (www.ceri-sciences-po.org)
-
le Centre de recherches politiques de Sciences
Po (CEVIPOF), dirigé par Pascal Perrineau,
professeur des Universités à l’IEP
de Paris ; il s’occupe des phénomènes
politiques à l’échelle nationale
et européenne liés à la vie de
la démocratie et l’ensemble de ses composantes.
(http://www.cevipof.msh-paris.fr)
-
le Centre de sociologie des organisations
(CSO), dirigé par Erhard Friedberg,
professeur des Universités à l’IEP
de Paris ; il étudie les relations et le fonctionnement
des organisations. (www.cso.edu)
- l’Observatoire
sociologique du changement (OSC), dirigé
par Alain Chenu, professeur des Universités
à l’IEP de Paris ; il étudie les
phénomènes en amont ou en aval du changement
social. (www.osc.sciences-po.fr)
-
l’Observatoire français des conjonctures
économiques (OFCE), présidé
par Jean-Paul Fitoussi, professeur des Universités
à l’IEP de Paris ; il analyse les phénomènes
conjoncturels de l’économie. (www.ofce.sciences-po.fr)
-
le Service d’Etude de l’Activité
Economique, (SEAE-GEM), dirigé par
Patrick Messerlin, professeur des Universités
à l’IEP de Paris ; il se consacre au
domaine des relations économiques internationales
et ce, dans quatre grandes directions : le commerce
international et le développement, la régulation,
l’économie politique internationale,
la monnaie et la finance internationale. (www.gem.sciences-po.fr)
-
le Centre d’histoire de Sciences Po,
dirigé par Jean-François Sirinelli,
professeur des Universités à l’IEP
de Paris ; il offre un programme de recherche sur
l’histoire contemporaine de la France et de
l’Europe. (www.centre-histoire.sciences-po.fr)
-
le Centre d’études européennes
de Sciences Po (CEE), dirigé par Renaud
Dehousse, professeur des Universités à
l’IEP de Paris, est un centre de ressources
qui offre une expertise sur les questions européennes.
(www.portedeurope.org)
-
le Centre de données sociopolitiques
de Sciences Po-CNRS (CDSP), dirigé
par Alain Chenu, professeur des universités
à l’IEP de Paris ; il a pour mission
la collecte, l’archivage et la diffusion de
données nécessaires aux sciences humaines
et sociales.
|
| 6/
Quelles sont les ressources dont disposent les centres
de recherche et les chercheurs ? Se sont-elles accrues
? |
|
L’accompagnement de la recherche est une des clés
de la réussite des programmes de recherche. Cette
action couvre un ensemble de métiers et de qualifications
diverses : gestion, administration, recherche de fonds,
documentation, communication, publication, système
d’information et valorisation. Elle est assurée
par 67 salariés. La masse salariale (personnel
scientifique inclus) a ainsi augmenté de 51%
entre 1996 et 2004. Parmi les 67 salariés
qui participent à l’accompagnement et à
l’administration de la recherche, on compte 50
salariés de la FNSP, 14 agents du CNRS et 3 agents
du Ministère de l’Education nationale.
En
termes financiers, les dotations budgétaires
accordées par Sciences Po aux centres de recherche
ont augmenté de plus de 60% entre 1996 et 2004.
Afin d’avoir à l’esprit un ordre
de comparaison, il est intéressant de constater
que le budget consacré à la recherche
en 2004 (16,1 millions d’euros) est égal
au budget de Sciences Po en 1983.
Les
dépenses de fonctionnement (locaux, amortissements,
projets spéciaux et salaires) ont augmenté
de 78% entre 1996 et 2004 alors que les
ressources issues des contrats et subventions augmentaient
de 82% pour cette même période.
Les conditions de travail pour les chercheurs ont été
considérablement améliorées : bibliothèque
de recherche, équipements informatiques performants,
salles de réunion fonctionnelles, espaces dédiés
aux colloques et aux manifestations, etc. 7 781 m²
sont directement dédiés à la recherche,
soit 24% de la surface immobilière totale de
Sciences Po. Les centres de recherche sont accueillis
dans les plus belles parties immobilières de
Sciences Po : le 56, rue Jacob, le 98, rue de l’Université,
les 117 et 199, boulevard Saint-Germain, notamment.
Cette géographie dessine un véritable
campus urbain de la recherche au centre de Paris.
|
| 7/
Comment sont évalués les chercheurs et comment
fonctionne la « Commission des chercheurs de la
FNSP » ? |
|
La contrepartie d’une recherche libre et autonome
passe par une évaluation exigeante. Les chercheurs
du CNRS transmettent au département scientifique
du CNRS, chaque année, un bilan d’activités
et, tous les deux ans, un rapport d’activités
validés par le directeur de leur centre de recherche.
De leur côté, les enseignants-chercheurs
remettent chaque année un bilan d’activités
et tous les deux ans, un rapport d’activités
au directeur du centre auquel ils sont rattachés.
Devant la « Commission des chercheurs de Sciences
Po », les chercheurs de la FNSP en science politique,
à Paris comme en région, sont tenus de
présenter, chaque année, un compte-rendu
d’activités, et tous les deux ans, un rapport
qui recense leurs productions scientifiques et leurs
activités.
Ces compte-rendus annuels et ces rapports d’activités
sont remis aux directeurs des centres de recherche concernés
qui les communiquent à la « Commission
des chercheurs de Sciences Po » présidée
par le directeur scientifique. Celle-ci est composée
de représentants des chercheurs, du directeur
des ressources humaines et comprend deux personnes étrangères
à l’établissement dont une personnalité
scientifique issue d’une université ou
d’une institution de recherche étrangère.
La Commission étudie les comptes-rendus
et/ou les rapports d’activités des chercheurs
puis se prononce sur leur carrière (notamment
pour les avancements au choix et les promotions de grade).
Cette commission est un outil de gestion des carrières
rigoureux et efficace qui se réunit deux à
trois fois par an.
Actuellement,
l’internationalisation du recrutement incite à
réfléchir à l’ensemble du
système d’évaluation. Sciences Po
s’associe, pour une très large part, à
la recommandation de la Commission européenne
du 11 mars 2005 qui contient la charte européenne
du chercheur & le code de conduite pour le recrutement
des chercheurs. Ce document insiste sur
cette activité de l’évaluation.
Le Ministère de l’Enseignement Supérieur
et de la Recherche s’intéresse tout naturellement
à cette question avec la création de l’Agence
d’Evaluation de la Recherche. Le CNRS
prévoit également de faire évoluer
ses procédures d’évaluation et de
gestion des carrières.
|
| 8/
Quels sont les moyens mis en œuvre pour valoriser
et diffuser les travaux de recherche ? |
|
Les moyens de cette valorisation passent par la participation
à des réseaux d’experts et aux débats
publics sur les grands enjeux contemporains.
Il s’agit aussi de publier des travaux
en langue anglaise, dans les grandes publications
internationales.
Ce dernier aspect est capital puisque le nombre de publications
et le nombre de fois où le chercheur est cité
par ses pairs est l’un des critères de
reconnaissance et de réputation d’un chercheur.
Conscients de cela, nous avons confié à
Chantal Barry, chargée de mission à la
Direction scientifique, la mission de créer des
outils d’amélioration de la visibilité
internationale de nos chercheurs : editing
d’articles scientifiques, présentation
des publications des Presses de Sciences Po en anglais,
formations sur les modes de communication en anglais
dans un environnement international, constitution et
rédaction de divers documents, écrits
et électroniques, en anglais, etc…
D’importants efforts ont été
faits pour relancer les Presses de Sciences Po.
Une réflexion est actuellement menée pour
soutenir la publication des travaux des chercheurs de
Sciences Po dans les revues scientifiques anglaises
et pour conserver les revues françaises existantes
sous format électronique.
|
| 9/
Comment soutenir l’expertise scientifique des chercheurs
et quelles avancées ont été faites
dans le développement de contrats de recherche
avec des organismes privés ? |
|
L’expertise
est une pratique courante à Sciences Po. La recherche
a un besoin crucial de ressources supplémentaires
pour financer aussi bien ses missions de terrain, que
l’achat de documentation, de bases de données.
On assiste depuis plusieurs années à
une augmentation importante des ressources issues des
contrats et des subventions : + 82% entre 1996 et 2004.
En l’occurrence, deux exemples attestent le caractère
particulièrement réactif et performant
du dispositif scientifique de Sciences Po. Dans le cadre
du premier appel d’offre de l’Agence Nationale
de la Recherche (ANR), quatre projets portés
par des équipes de Sciences Po ont été
retenus pour un financement total de 598 532 euros.
Depuis 2002, Sciences Po s’est pleinement investi
dans le 6e Programme-cadre de recherche et de développement
(PCRD) de la Commission européenne. Les équipes
de Sciences Po participent à quinze des projets
retenus par la Commission européenne dont le
financement total s’élève à
1 955 951 euros.
Cependant,
ces contrats sont surtout signés avec des organismes
publics ou semi-publics. Les directeurs de laboratoires
sont très sensibles à la question du fund
raising auprès de partenaires privés.
Les sept chaires de Sciences Po (« Center for
Peace and Human Security », « Développement
durable », « Finances internationales »,
« Mercosur », « Moyen-Orient Méditerranée
», « Régulation », «
Sécurité et défense ») participent
à cette action de recherche de fonds auprès
d’entreprises et d’organismes privés.
|
| 10/
Où en est-on du recrutement des chercheurs ? |
|
Du
côté des enseignants-chercheurs, Richard
Descoings a obtenu la création de cinq nouveaux
emplois de professeurs des Universités qui seront
recrutés en septembre 2006 (un en droit,
un en sociologie, deux en sciences économiques,
un en histoire et civilisations).
Dans les unités mixtes de recherche Sciences
Po-CNRS, la moyenne d’âge des chercheurs
est de 51,5 ans, malheureusement, peu de jeunes chercheurs
CNRS sont recrutés. Cette absence de renouvellement
est patent dans le domaine de la science politique.
En ce qui concerne la FNSP, afin de relever le défi
de la recherche à Sciences Po, nous ne pouvons
nous contenter de maintenir le nombre de chercheurs
FNSP à 84. Historiquement, il faut savoir que
le recrutement a été très important
dans les années 60. Avec les mouvements de départ
en retraite qui s’amorcent, la moyenne d’âge
des chercheurs FNSP se réduira (elle est actuellement
de 41,5 ans). Richard Descoings a décidé
la création, à la rentrée 2006,
de six nouveaux emplois de chercheurs pour le CERI,
le CEE, le CEVIPOF, le Centre d’histoire de Sciences
Po, le CSO et l’OSC. Ces emplois sont
nouveaux en ce qu’ils viennent s’ajouter
à l’effectif de chacun de ces centres,
ils ne viennent pas simplement se substituer à
des départs à la retraite. Ils participent
de leur rajeunissement.
Il faut aussi accorder une grande importance à
la création de dix positions de "chercheurs-enseignants"
(research professor). Il s’agira de contrats
de la FNSP sur lesquels seront recrutés ou placés
certains de nos chercheurs engagés dans un programme
de recherche de l’établissement. Les engagements
de la FNSP et des intéressés seront négociés
individuellement et organisés sur une base pluriannuelle.
Ils répondront bien entendu à des critères
de sélection et d’évaluation scientifiques
particulièrement exigeants.
|
| 11/
Comment évoluent les relations avec le CNRS ? |
|
Les relations que Sciences Po entretient avec le CNRS
sont historiquement très bonnes. La mixité
des personnels FNSP et CNRS au sein de notre établissement
témoigne de l’attachement réciproque
et de l’interactivité croissante. Même
si les modes de recrutement divergent (concours national
du côté CNRS) ainsi que les modes de gestion,
comptabilité publique pour le CNRS, comptabilité
privée pour Sciences Po, le parti pris a été
celui de la concertation, de l’échange
d’expérience et du partage de connaissances.
|
| 12/
Comment se renforce l’internationalisation de la
recherche à Sciences Po ? |
|
L’effort consacré à la dimension
internationale de la politique de recherche est particulièrement
important. La recherche à Sciences Po constituant
un élément essentiel du développement
et du positionnement international. La recherche ne
peut aujourd’hui se concevoir sans son élément
international, celui-ci résidant dans la mobilité
des chercheurs, la constitution de réseaux tout
comme la nature des objets d’une recherche pluridisciplinaire
et comparative, et enfin l’accueil de chercheurs
étrangers.
L’internationalisation de la recherche
passe par l’intégration de nos chercheurs
dans des réseaux (6° et 7° PCRD,
APSA, etc) et par des séjours dans des
centres de recherche et des universités à
l’étranger. Le fonds de
mobilité internationale de la Direction scientifique
permet de financer des séjours longs (de six
mois à un an) de plusieurs de nos chercheurs
qui sont le plus souvent partis en famille.
Le
rayonnement international du potentiel scientifique
de Sciences Po est attesté par de nombreuses
initiatives. Les propositions de partenariats avec de
prestigieux établissements universitaires étrangers
se multiplient (Harvard, Princeton, Chicago University,
etc.). A titre d’exemple, une convention lie aujourd’hui
Sciences Po, l’Université d’Oxford,
la Maison française d’Oxford et le CNRS
dans un GDRE (Groupement de Recherche Européen
ex-Laboratoire Européen Associé), dont
le principal objectif est d’entretenir et de stimuler
les échanges scientifiques relatifs à
l’analyse de l’évolution des systèmes
démocratiques.
Sciences Po organise régulièrement de
grands colloques internationaux. Parmi les manifestations
de ce type qui ont été proposées
récemment, citons : le colloque "Changing
France" co-organisé par Harvard et Sciences
Po en mars 2004 puis en mars 2005, le colloque "France’s
New Cleavages" avec Princeton en décembre
2003 puis décembre 2005, le colloque "Citoyenneté
Démocratique" avec le CEFRES à Prague
en avril 2005. La plupart de ces opérations ont
aujourd’hui répondu à l’objectif
de la pérennisation, elles seront reconduites
d’une année sur l’autre. Ces rencontres
servent également de point d’ancrage pour
d’autres types de coopérations internationales
(échanges et accueils pour des séjours
longs d’enseignants ou de chercheurs universitaires
des universités partenaires, réseaux de
doctorants, programme type Alliance, etc.).
Sciences Po entretient déjà des relations
de coopération très étroites avec
certains centres de sciences sociales français
implantés à l’étrangers tels
le Centre Marc Bloch à Berlin, le CEFRES à
Prague, le CEDEJ au Caire, le CSH à New Delhi,
et le CEFC à Hong Kong.
Enfin,
à travers l’action coordonnée de
plusieurs services de Sciences Po (Direction des affaires
internationales et des échanges, Direction de
l’École doctorale, Direction des études
et de la scolarité et la Direction scientifique)
réunies au sein d’un comité des
invitations - crée en 2004 - l’accent est
mis sur la question des invitations d’universitaires
étrangers. Sciences Po, accueille annuellement
près de 70 professeurs invités qui passent
plus de six mois chez nous. Ils s’ajoutent aux
chercheurs invités par les centres de recherche
pour de courts séjours.
|
| 13/
Quel bilan peut-on tirer de la première année
du master recherche ? |
|
Créé il y a un an, le master recherche
est une formation initiale pour la recherche et par
la recherche. Il se déploie sur deux années.
Cette année, 168 candidats se sont présentés
pour suivre le master recherche qui se positionne ainsi
au 3ème rang dans le choix de master des élèves.
|
| 14/
Quelle est la structure des effectifs des étudiants
en master et des doctorants ? |
|
On
dénombre 300 élèves inscrits en
master recherche à la rentrée 2005 et,
à la date du 23 novembre, on comptait 582 doctorants
répartis dans les quatre disciplines : science
politique, sociologie, économie et histoire.
45 soutenances ont lieu en moyenne chaque année
depuis dix ans, après une durée moyenne
d’élaboration proche de cinq ans.
Le chiffre de 582 est sans doute trop élevé
pour pouvoir garantir efficacement le financement des
thèses et assurer des débouchés
à tous les docteurs.
|
| 15/
L’attractivité du doctorat suppose financement
et débouchés professionnels. Quelles sont
les mesures prises en ce sens ? |
|
Une des premières pistes est d’accroître
la sélectivité à l’entrée
du doctorat. Pour rappel, l’admission en thèse
est prononcée par un comité de thèse
composé de 3 personnes : le directeur de thèse,
le directeur du programme doctoral et le directeur du
centre de recherche. Cinq critères sont pris
en compte : le parcours de l’étudiant,
l’originalité du sujet, la faisabilité
de la thèse, le financement de la thèse
et la réflexion menée conjointement par
le candidat et le comité de thèse sur
les débouchés professionnels envisagés.
En
ce qui concerne les débouchés, l’école
doctorale a mis en place depuis 2004 des réunions
d’information sur les carrières académiques,
discipline par discipline. Cette année, des réunions
spécifiques concernant des débouchés
professionnels dans des métiers non universitaires
viennent d’être instaurées. Au niveau
du master, les 2/3 des élèves sortent
de leur cursus avec un double diplôme : master
recherche et master spécialisé. Après
l’obtention d’une thèse, nombreux
sont les élèves qui poursuivent une carrière
non académique. A titre d’exemple, la Banque
Mondiale et le Fonds Monétaire International
(FMI), recrutent à Bac+8. Cette tendance ne concerne
pas seulement les sciences économiques mais se
retrouve dans toutes les disciplines.
|
| 16/
A quels types de bourses ont recours le plus souvent les
doctorants ? |
|
Cette année, 17 étudiants ont obtenu une
allocation de recherche du Ministère de l’Education
nationale, de l’Enseignement Supérieur
et de la Recherche. Sciences Po contribue également
au financement des thèses par l’attribution
de plusieurs bourses sur fonds propres. Il existe également
des prix comme celui de l’ex-Fondation Saint-Simon.
Une base de données interne à Sciences
Po répertorie les différents financements
au niveau national et européen. Le financement
n’est pas une condition exclusive à l’inscription
en thèse. Toutefois, cette question du financement
de la thèse ressurgit un an après l’inscription
en doctorat, car elle conditionne malheureusement trop
souvent la faisabilité de la thèse.
|
| 17/
Comment attirer les étudiants étrangers
vers le doctorat ? Les co-tutelles sont-elles le moyen
le plus généralement utilisé pour
favoriser les échanges internationaux ? |
Aujourd’hui, 40% des élèves
inscrits en doctorat sont étrangers. A titre
de comparaison, ce pourcentage était seulement
de 24,2% pour la période 85-94. Cette évolution
doit se refléter dans le programme pédagogique.
L’extension de l’enseignement en langue
anglaise est déjà pratiqué au
niveau de l’Ecole doctorale comme au niveau
du master.
En ce qui concerne les co-tutelles, Sciences Po possède
une grande expertise dans le montage administratif
et procédural du dispositif. Plusieurs co-tutelles
ont été mises en place avec différents
pays de l’Union européenne, et cela dans
toutes les disciplines. Il existe également
un programme conjoint avec l’Université
de Northwestern aux Etats-Unis. La réussite
de ce dispositif repose sur une bonne entente et une
interactivité très grande entre les
directeurs de thèse. Parallèlement,
la multiplication des rencontres organisées
sur un ou deux jours entre doctorants travaillant
sur des sujets proches contribue à créer
des « réseaux de doctorants »,
que ce soit au sein de l’Ecole doctorale ou
au niveau européen.
|
| 18/
La présence de professeurs invités est-elle
un autre moyen d’attirer les étudiants étrangers
? |
|
Les professeurs invités, tous de grand prestige,
enseignent dans le cadre du master recherche : ils sont
à la disposition des doctorants pour les aider
à réfléchir sur leurs problématiques
de recherche et sur la méthodologie employée
pour poursuivre leurs travaux. Leur concours et leur
apport sont essentiels. Leur regard critique sur notre
maquette pédagogique est fondamental pour aider
à son évolution et à ses améliorations
comme accorder une place plus importante à la
formation théorique et méthodologique,
aider les élèves à la prise de
parole dans les cycles de séminaires.
|
|
|
|
|
|