I. Des taux de sélection impitoyables risquent de nuire à l’objectivité et à la pertinence du recrutement à Sciences Po. Depuis quelques années, le nombre de candidats à l’entrée à Sciences Po n’a cessé d’augmenter. En 2000, ils étaient 2 164 à se présenter à l’examen d’entrée en 2ème année. En 2003, ils étaient 2 618, soit une augmentation de 21 %. Globalement, et toutes procédures de sélection confondues (premier cycle et cycle du diplôme), les candidatures à Sciences Po ont augmenté de plus de 50% en trois ans ! Si l’on peut se féliciter de l’attractivité de Sciences Po, il ne faut pas en négliger la contrepartie : un taux d’admission en 2ème année qui a chuté à 4,8 % en 2003. La sélection opérée à l’entrée de Sciences Po est l’un des éléments garantissant l’excellence de notre formation. Mais quand les taux de sélection deviennent aussi sévères, il faut en tirer les conséquences. Car la sélection est un outil et non une fin en soi. Est-il normal que des étudiants brillants soient départagés au 10ème de point sur des épreuves écrites uniquement ? Qu’une moyenne soit de 15,20 ou de 15,30, elle dénote dans tous les cas un excellent niveau académique. Pour maintenir l’excellence tout en restaurant la justesse de la sélection, une réflexion s’imposait et Sciences Po a choisi de consacrer du temps et des moyens supplémentaires à ses procédures de recrutement. L’examen d’entrée en 2e année se déroulera donc désormais en 2 temps : des épreuves écrites d’admissibilité et un entretien oral d’admission.
Afin de garantir l’excellent niveau des candidats admissibles à l’entretien, l’architecture des épreuves écrites telles qu’elles existent aujourd’hui est reconduite :
Ces épreuves permettront de sélectionner environ 300 candidats admissibles. L’admissibilité sur mention Très Bien remplit le même rôle de sélection par le niveau scolaire, et c’est tout naturellement qu’elle a été instaurée en préservant une voie d’accès spécifique pour des candidats ayant obtenu une mention très bien au baccalauréat une année auparavant. III. La force de la motivation, la richesse de la personnalité, critères de l’admission. L’entretien oral a pour but, d’une part, de vérifier la concordance entre les motivations des candidats et notre projet éducatif ; d’autre part, de repérer les profils variés qui ont leur place à Sciences Po. Il donne ainsi aux personnalités une plus grande chance de s’exprimer, voire de se révéler. Les candidats admissibles passeront donc un entretien d’une trentaine de minutes avec une commission de trois personnes, dont le Directeur de Sciences Po ou son représentant. Une charte, soumise au Conseil de Direction dès le début de l’année 2004, en précisera les modalités. La nouvelle configuration de l’examen d’entrée en 2ème année doit concourir à la diversification académique, géographique et sociale du recrutement à Sciences Po qui est une priorité pour l’établissement. Car, pour diversifier le corps étudiant, il convient de diversifier les instruments de sélection. L’égalité des chances, c’est la pluralité des chances. L’introduction d’un oral à l’examen d’entrée en 2ème année y contribue, tout comme la diversité des procédures d’admission offertes aux différents niveaux de la formation : examens écrits (en 1ère année), examens écrits et entretien (Conventions éducation prioritaire, 2e année, 4ème année), examen des dossiers (procédure mention très bien en 1ère année), examen des dossiers et entretien (Procédure internationale des 1ers cycles en régions, CIEP, DESS, DEA…). Newsletter
du 19/12/2003 - Question du jour |