Sciences Po loue 2 nouveaux immeubles et se porte candidat pour le rachat des locaux de l'ENA

Sciences Po, c'est bien sûr de la formation initiale et une grande bibliothèque, mais c'est aussi une Ecole doctorale, 8 centres de recherche, une maison d'édition (Les Presses de Sciences Po), une librairie et un important pôle de formation continue, soit près de 35 implantations réparties dans tout Paris. La situation immobilière se traduit notamment par un taux d'occupation des salles de classe qui devient ingérable (presque 100%). Pour faire face à cette situation, deux nouveaux bâtiments viennent d'être loués au sein desquels des services aujourd'hui disséminés à de nombreux endroits seront regroupés. Cette solution permettra de dégager de nouvelles synergies entre les différentes missions de Sciences Po et de mutualiser les coûts de gestion, de gardiennage, d'assurance et d'entretien des bâtiments.

Le premier immeuble, situé 117 boulevard Saint-Germain à l'angle de la rue Grégoire-de-Tours dans le quartier de l'Odéon, abritera dès la prochaine rentrée :

  1. l'Ecole de journalisme
  2. les Presses de Sciences Po
  3. la Direction de la formation continue

Ce sont au total 1 800 m², dont 12 salles de cours, qui seront mis à la disposition des élèves, des enseignants, des salariés et des stagiaires de la formation continue de Sciences Po. Le choix d'y installer les Presses de Sciences Po en son sein fait écho à la destination historique du Bâtiment. En effet, ce très bel immeuble du 19ème siècle, édifié par Charles Garnier et dont l'une des structures a été conçue par Gustave Eiffel, a accueilli à son origine le Cercle de la librairie. S'y sont ensuite succédés le Centre culturel de la RDA (la légende dit qu'il resterait des micros espions dans les murs...) puis, dernièrement, l'Ecole nationale du patrimoine.

Le second immeuble, un hôtel particulier de plus de 1400m² composé de bureaux et de salles de réunions, est localisé au 98 rue de l'Université, à proximité de la station de métro Solferino. Son ouverture devrait intervenir rapidement, après quelques travaux d'aménagement. Il pourrait alors permettre à certains services ou unités de recherche de Sciences Po qui travaillent ensemble mais demeurent géographiquement éclatés, de se réunir. Ces locaux s'ajoutent aux bâtiments que Sciences Po occupe déjà dans le quartier pour constituer un véritable campus urbain en plein Paris. Cette situation géographique privilégiée offre énormément d'atouts. Elle permet d'attirer de nombreux étudiants et professeurs étrangers et beaucoup des meilleurs enseignants qui ont une activité professionnelle à plein temps ne pourraient se déplacer pour assurer leurs enseignements si Sciences Po n'était pas au centre de la Capitale. Il s'agit aussi de faire profiter les étudiants des richesses et des infrastructures d'une ville historique et d'un quartier exceptionnel du point de vue culturel. Il est également important contribuer à cette richesse et de rester facilement accessible aux nombreux publics qui viennent à Sciences Po pour assister à des conférences, à des séminaires de formation continue ou pour faire des recherches à la bibliothèque. Alors que les centres villes sont bien souvent désertés par les lieux de savoir au profit des marchands de prêt-à-porter, il est bon qu'un établissement d'enseignement supérieur et de recherche comme Sciences Po fasse le choix de rester au cœur de la cité. Une décision qui rompt avec l'isolement que connaissent les campus implantés en banlieue.

Et l'ENA ? Suite à l'annonce de la mise en vente des locaux parisiens de L'Ecole Nationale d'Administration par le Ministre de la fonction publique, Sciences Po a fait savoir qu'il se positionnerait pour leur rachat. La concurrence s'annonce rude mais, situés à deux pas de la rue Saint-Guillaume, les 6000m² de la rue de L'université présenteraient bien des avantages : une surface importante, des salles de cours et un amphithéâtre déjà aménagés et des étages de bureaux. Par ailleurs, l'achat de ce bâtiment serait plus rationnel pour le budget de Sciences Po que le paiement de loyers et resterait bien moins onéreux que l'acquisition qui avait été envisagée il y a quelques années à l'emplacement de l'ancien hôpital Laennec. Cet achat aurait également une valeur symbolique forte puisque, au-delà du rôle que Sciences Po a toujours joué dans la formation aux métiers de la fonction publique, rappelons que jusqu'au milieu des années 1970 l'ENA était abritée dans l'hôtel particulier du 56 rue des Saints-Pères. Une institution financière pourrait assurer le portage de l'opération, la FNSP souscrivant à un emprunt de très long terme auprès de celle-ci.

La contrainte immobilière à Paris est forte et ce sont les élèves et les salariés qui, si leurs conditions d'études et de travail demeurent agréables, en pâtissent. C'est pourquoi, en poursuivant sa stratégie de consolidation d'un campus urbain, Sciences Po privilégie des lieux concentrés offrant de plus nombreuses salles de cours et de réunion qui permettent d'accorder une plus grande place au travail en groupe.