6. La recherche et le suivi analytique des unités de recherche


Les centres de recherche constituent des unités de gestion et sont suivis individuellement en comptabilité analytique. Cependant, cette comptabilité n'est ni complète, ni homogène : ainsi, les locaux ne sont valorisés que dans deux des centres, les charges de personnel ne tiennent compte le plus souvent que des coûts de personnel directement payés par le centre et ne prennent pas en compte le coût des nombreux personnels mis à disposition par l'éducation nationale ou le CNRS.

Enfin, les contrats de recherche, contrepartie d'une prestation de service et générateurs de frais, doivent être clairement distingués des «subventions». La comptabilité analytique devra permettre d'établir un coût complet des prestations rendues au titre d'un contrat, le montant facturé au client devant être supérieur au coût de revient pour la F.N.S.P.

Les ressources financières mises à la disposition de l'ensemble des unités de recherche de Sciences Po (qu'elles soient ou non associées au CNRS) par la F.N.S.P. se sont fortement accrues au cours des dernières années, ce qui permet une certaine autonomie administrative et scientifique des différents centres. Cette augmentation contribue toutefois à l'accroissement global des coûts de fonctionnement de la F.N.S.P.

Une comptabilité analytique homogène favoriserait le pilotage et la transparence à l'égard des instances de décision et entre les divers centres : normalisation des présentations, détermination d'une façon unique de comptabiliser les charges de fonctionnement (loyers, informatique, etc.) et les investissements, prise en compte de la totalité des ressources (en distinguant selon des critères communs les contrats des subventions) et valorisation des contributions en nature : personnels mis à disposition par l'Etat, locaux mis à disposition, contrats de recherche, utilisation des ressources informatiques, documentation, etc.
La Cour prend acte de l'engagement de la F.N.S.P. d'« affiner l'analyse des coûts complets contrat par contrat et de développer une comptabilité analytique homogène pour l'ensemble des centres de recherche ».


Informations complémentaires apportées par Sciences Po

La Cour constate que « les ressources financières mises à la disposition de l’ensemble des unités de recherche de Sciences Po par la FNSP se sont fortement accrues au cours des dernières années, ce qui permet une certaine autonomie administrative et scientifique de ces centres. Cette augmentation contribue toutefois à l’accroissement global des coûts de fonctionnement de la FNSP ».

Effectivement, la politique mise en œuvre par la FNSP au cours de ces dernières années et approuvée par ses autorités de tutelle dans le cadre des Contrats quadriennaux successifs a consisté à renforcer son investissement dans la recherche, aussi bien en affectant des ressources supplémentaires aux activités scientifiques proprement dites qu’en développant les moyens mis au service de l’administration de ces activités.

Aujourd’hui, Sciences Po dispose d'un potentiel scientifique tout à fait remarquable qui en fait l'une des plus importantes institutions françaises en matière de recherche en sciences sociales et qui la place désormais au niveau des plus grands établissements internationaux. Ce potentiel se fonde sur les travaux menés dans l’École doctorale de l’IEP de Paris et dans les centres de recherche de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP).

Ces dernières années ont été marquées par une volonté constante et concrète d’articulation très forte entre l’école doctorale et les centres de recherche. C’est ainsi que le Comité exécutif de l’École doctorale qui est réuni chaque mois pour coordonner l’ensemble des activités d’enseignement et d’encadrement des cycles de formation pouvant conduire à l’attribution du diplôme de docteur de l’Institut d’études politiques de Paris (organisation pédagogique, inscriptions en DEA et en thèses, organisation des demandes et des attributions des allocations et aides à la recherche, etc.) rassemble le chef d’établissement, le directeur de l’École doctorale, le directeur scientifique, le directeur adjoint, le directeur des affaires internationales et des échanges, le directeur des études et de la scolarité, les responsables des cycles de formations doctorales et les directeurs des centres de recherche. Chaque mois également, un petit déjeuner réunit l’ensemble des directeurs de centre de recherche, le directeur scientifique, le directeur de l’École doctorale, le directeur adjoint, directeur des affaires internationales et des échanges, le directeur des études et de la scolarité et le directeur de l’IEP de Paris, administrateur de la FNSP : s’y dessinent les grandes orientations de la politique scientifique de Sciences Po.

 

6.1 Les centres de recherche de Sciences Po jouissent d’une réputation internationale et ont développé une véritable tradition pluridisciplinaire articulée autour des quatre grandes disciplines qui y sont représentées : l’économie, l’histoire, la sociologie et la science politique.

a) Sciences Po réunit 8 centres de recherche

- le Centre d’études et de recherches internationales (CERI), dirigé par Christophe Jaffrelot, directeur de recherche au CNRS ;
- le Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), dirigé par Pascal Perrineau, professeur des Universités à l’IEP de Paris ;
- l’Observatoire interrégional du politique (OIP), dirigé par Dominique Reynié, professeur des Universités à l’IEP de Paris ;
- le Centre de sociologie des organisations (CSO), dirigé par Erhard Friedberg, professeur des Universités à l’IEP de Paris ;
- l’Observatoire sociologique du changement (OSC), dirigé par Alain Chenu, professeur des Universités à l’IEP de Paris ;
- l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), présidé par Jean-Paul Fitoussi, professeur des Universités à l’IEP de Paris ;
- le Service d’étude de l’activité économique (SEAE), dirigé par Patrick Messerlin, professeur des Universités à l’IEP de Paris ;
- le Centre d’histoire de l’Europe du XXe siècle (CHEVS), dirigé par Jean-François Sirinelli, professeur des Universités à l’IEP de Paris.

5 de ces centres de recherche sont des unités associées au CNRS (le CEVIPOF, le CERI, l’OIP, le CSO et l’OSC).

b) 172 chercheurs et enseignants-chercheurs conjuguent leurs travaux au sein de ces 8 centres de recherche (1)
Le personnel scientifique de ces centres de recherche est composé de la façon suivante :

- 72 chercheurs statutaires de la FNSP (soumis à des critères scientifiques et à des conditions administratives de recrutement, d’évaluation et de gestion des carrières analogues à ceux qui s’appliquent aux chercheurs du CNRS) ;
- 60 chercheurs statutaires du CNRS, répartis dans les 5 centres de recherche de Sciences Po associés à ce grand organisme de recherche ;
- 34 enseignants-chercheurs de l’IEP de Paris (2) (28 professeurs des Universités et 6 maîtres de conférences des Universités, soit les trois quarts des enseignants-chercheurs titulaires de l’IEP de Paris), 2 professeurs des Universités titulaires dans d’autres établissements et 4 membres des personnels de l’Éducation nationale titulaires à l’IEP de Paris ont choisi d’être rattachés à l’un des 8 laboratoires de Sciences Po pour y mener leurs recherches.

Il est à noter que, à Sciences Po, les chercheurs sont quatre fois plus nombreux que les enseignants-chercheurs, ce qui est exceptionnel dans le paysage universitaire français.
Les unités de recherche de Sciences Po comptent également près de 80 chercheurs associés, 5 directeur de recherche émérites, 20 chercheurs ou enseignants-chercheurs invités (3) et une centaine d’allocataires de recherche et doctorants accueillis dans le cadre de l’application de la charte des thèses.

Par ailleurs, 9 chercheurs de la FNSP sont affectés dans des unités de recherche de certains IEP de région (4 au Centre de recherche sur le politique, l’administration et le territoire (CERAT), à Grenoble ; 3 au Centre d’Étude d’Afrique Noire (CEAN) et 2 au CERVL - Pouvoir, Action publique, Territoire, à Bordeaux). Le nombre total de chercheurs de statut FNSP est donc de 81.

c) L’encadrement administratif et la gestion des centres de recherche sont confiés à 67 membres du personnel.
Tout ce qui concerne l’encadrement administratif, la passation et la gestion des contrats, la gestion de la recherche, est confié à un personnel administratif de grande qualité afin d’éviter aux chercheurs de consacrer trop de temps à ces tâches, ce qui leur permet de se concentrer pleinement à leurs travaux scientifiques et aux publications qui en résultent.
Au cours des cinq dernières années, les laboratoires de Sciences Po ont été dotés d’équipes administratives étoffées, dirigées par des secrétaires généraux (CEVIPOF, CERI, OFCE, OSC, OIP et CHEVS). Le renforcement des structures d’encadrement a fortement contribué à la professionnalisation et à l’efficience des unités de recherche de Sciences Po, qu’il s’agisse de l’organisation de colloques, séminaires et journées d’études, des missions effectuées à l’étranger pour mener des travaux de terrain et manifester la présence de la France dans les associations et les congrès internationaux ; de proposer une aide à la traduction ou à l’écriture en langue étrangère ; de mener à bien des coopérations éditoriales ; de rechercher des contrats et de répondre à des appels d’offre.
On observera qu’au titre de la gestion des laboratoires la Cour n’a exprimé aucune réserve quant à la rigueur de fonctionnement des laboratoires de Sciences Po, alors même que la recherche n’est pas toujours considérée en France comme le secteur le plus attentif aux préoccupations de gestion.
Le personnel scientifique de ces centres de recherche est composé de la façon suivante : 50 salariés de la FNSP, 14 agents du CNRS et 3 agents du Ministère de l’éducation nationale.

d) La répartition par disciplines des chercheurs et des enseignants-chercheurs des centres de recherche de Sciences Po s’établit comme suit :

(4)

e) Les effectifs, les statuts et les grades (5) dans les centres de recherche de Sciences Po peuvent être précisés ainsi :

Tableau n° 2 : Statuts des personnels scientifiques (chercheurs, enseignants-chercheurs et chargés d’études) des centres de recherche de Sciences Po

Tableau n° 3 : Répartition des personnels des centres de recherche de Sciences Po par grade ou fonction et par laboratoire

f) Age moyen et ancienneté

Tableau n° 4 : Âge moyen des personnels scientifiques des centres de recherche de Sciences Po par statut et par centre de recherche

Ces dernières années, l’accent a été tout particulièrement mis sur le recrutement de jeunes chercheurs afin d’ouvrir de nouveaux champs de recherche et de participer à la jouvence universitaire de l’appareil de recherche français.
Au cours des quatre dernières années (2000, 2001, 2002 et 2003), les centres de recherche de Sciences Po ont recruté 23 nouveaux chercheurs ou chargés d’études FNSP âgés de moins de 40 ans dont 21 âgés de moins de 35 ans.
Pendant cette même période, 10 chercheurs CNRS ont été affectés dans les unités de recherche de Sciences Po associées au CNRS, 7 d’entre eux étaient des chercheurs effectuant une mobilité interne (tous âgés de plus de 35 ans) et 3 étaient de jeunes chercheurs titularisés dans ces unités.

Tableau n° 5 : Ancienneté moyenne (6) des personnels scientifiques dans les centres de recherche de Sciences Po par statut et par centre de recherche (7) :

g) Répartition par sexe

Tableau n° 6 : Répartition par sexe et par centre de recherche des personnels scientifiques

h) Les moyens alloués aux centres de recherche

-- Masse salariale --

Tableau n° 7 : Répartition de la masse salariale (8) par centre de recherche (années 1999, 2000, 2001 et 2002), en milliers d’euros.

(9)(10)(11)(12)

Au cours de ces quatre années, la part de la masse salariale consacrée à la recherche dans la masse salariale globale des personnels permanents (13) de la FNSP était la suivante :
- 1999 : 34 % ( 7 034 K€ / 20 532 K€)
- 2000 : 32 % ( 7 157 K€ / 22 465 K€)
- 2001 : 30 % ( 7 660 K€ / 25 328 K€)
- 2002 : 30 % ( 8 028 K€ / 26 833 K€ )

-- Locaux --

Tableau n° 8 : Ensemble des surfaces consacrées à la recherche et coûts financiers (année 2002) (14) (15)

Au cours des années 1999, 2000, 2001 et 2002, la part de la recherche dans le coût global des locaux à la charge de la FNSP était la suivante :

  • 1999 : 24 % ( 1 134 K€ / 4 656 K€)

  • 2000 : 25 % ( 1 453 K€ / 5810 K€)

  • 2001 : 25 % ( 1 481 K€ / 5 958 K€)

  • 2002 : 28 % ( 1 877 K€ / 6 693 K€)

-- Moyens de fonctionnement --

Tableau n° 9 : Répartition des crédits de fonctionnement par centre de recherche (années 1999, 2000, 2001 et 2002), en milliers d’euros. (16) (17) (18) (19)

Au cours de ces quatre années, le volume globale des crédits de fonctionnement consacrés à la recherche par la FNSP (20) était le suivant :

  • 1999 : 2 653 K€

  • 2000 : 3 597 K€

  • 2001 : 3 686 K€

  • 2002 : 4 208 K€

Au cours de ces quatre années, la part de la recherche dans les coûts de fonctionnement de la FNSP était la suivante :

  • 1999 : 18 % ( 2 653 K€ / 14 458 K€ )

  • 2000 : 19 % ( 3 597 K€ / 18 710 K€ )

  • 2001 : 18 % ( 3 686 K€ / 20 227 K€ )

  • 2002 : 20 % ( 4 208 K€ / 21 263 K€ )

-- Contrats et conventions de recherche --

Tableau n°10 : Recettes sur contrats, conventions et subventions spécifiques de recherche par centre de recherche (années 1999, 2000, 2001 et 2002), en milliers d’euros.

 

6.2 Une grande École doctorale présentant la particularité d’associer des formations doctorales relevant de plusieurs disciplines des sciences sociales : histoire, sciences économiques, science politique, sociologie et regroupant environ 850 étudiants ( 250 en DEA et 600 en doctorat) encadrés par 160 enseignants dont 40 professeurs des Universités.

a) La politique scientifique et pédagogique de l’École doctorale

-- Une École doctorale pluridisciplinaire --

L’École doctorale de Sciences Po comprend sept DEA :

- Histoire du XXe siècle, responsable : Serge Berstein ;
- Analyse comparative des aires politiques : Europe post-communiste, Asie, Monde musulman, responsable : Dominique Colas ;
- Pensée politique, responsable : Marc Sadoun ;
- Relations internationales, responsable : Bertrand Badie ;
- Sociologie politique et politiques publiques, responsable : Philippe Braud ;
- Sciences économiques, responsable : Alain Wolfelsperger ;
- Sociologie, responsable : Erhard Friedberg.

L’École doctorale propose également, à l’intention d’étudiants de différents DEA, deux cycles pluridisciplinaires, le Cycle supérieur d’études européennes dirigé par Renaud Dehousse, Professeur titulaire de la Chaire Jean Monnet à Sciences Po, et le Cycle supérieur d’études américaines dirigé par Denis Lacorne, Directeur de recherche à la FNSP (CERI).

L’École doctorale de Sciences Po a un réel contenu scientifique parce que cet établissement dispose d’une véritable tradition pluridisciplinaire qui concerne quatre disciplines : histoire, sciences économiques, science politique, sociologie. Toutes les composantes de l’École doctorale de Sciences Po partagent une grande conviction intellectuelle et une forte exigence méthodologique qui fondent son originalité : elles incitent fermement les doctorants à travailler sur des sujets largement ouverts à l’international et à réaliser des travaux de type comparatif, en particulier concernant l’Europe.

L’École doctorale se donne les moyens de mener concrètement cette politique incitative et de mettre en œuvre cette méthodologie. Elle cherche à donner aux étudiants en DEA et aux doctorants les meilleures conditions intellectuelles et matérielles de travail. Elle est le lieu où s’opère la synergie entre les différents DEA, entre les DEA et les centres de recherche qui sont associés à l’École doctorale, entre l’École doctorale et la Direction scientifique de Sciences Po, chargée de conduire la politique scientifique dans le domaine de la recherche, de la documentation et des publications.

-- Une formation à la recherche de haute qualité scientifique produisant des thèses de réputation internationale --

L’ École doctorale de Sciences Po modernise en permanence ses pratiques pédagogiques afin d’améliorer la formation des étudiants et leur apprentissage de toutes les facettes du métier de chercheur.
Elle accentue sa dimension internationale grâce à l’accueil de professeurs étrangers assurant des cours au sein des DEA et de l’École doctorale et à l’intégration d’étudiants de toutes nationalités.
Elle incite à la mobilité de ses étudiants vers l’étranger et elle favorise les séjours de ses universitaires dans les universités partenaires. Elle consolide les partenariats internationaux de Sciences Po en organisant des rencontres de jeunes doctorants (encadrés par leurs professeurs) avec leurs homologues étrangers.
Elle multiplie la mise sur pied et la délivrance de doubles doctorats avec les Universités étrangères.

-- L’aide aux étudiants de DEA et surtout aux doctorants passe par... --

- une offre pédagogique diversifiée : possibilité pour les étudiants inscrits dans un DEA de suivre d’autres enseignements dans d’autres DEA de Sciences Po, formations transversales sur l’Europe et les États-Unis, enseignements assurés non seulement par des universitaires mais aussi par des chercheurs de la FNSP et du CNRS ;
- une politique articulée de séminaires, de groupes de travail et de réseaux européens de recherche destinés aux doctorants afin qu’ils puissent se socialiser, élaborer leurs questionnements, avancer leurs travaux et organiser des journées d’études donnant matière à publication ;
- une information continue sur les financements et les aides, proposées par Sciences Po et hors Sciences Po, donnée aux étudiants par l’École doctorale qui, en outre, assure la sélection des candidats ;
- l’obligation pour tous les centres de recherche de Sciences Po travaillant avec l’École doctorale d’accueillir des doctorants, de leur fournir un poste de travail et d’inciter ces mêmes doctorants à participer aux activités des centres de recherche et à leurs groupes de travail ;
- la possibilité donnée à des doctorants qui en ont besoin de se rendre à l’étranger dans des établissements de très grandes exigence et réputation pour leurs enquêtes ou leur formation, notamment aux États-Unis et en Allemagne ;
- une internationalisation continue, avec une intensification de la formation linguistique, des cours assurés en anglais par des enseignants non francophones, la mobilité internationale des étudiants en DEA ou doctorat soit sous forme de stages dans des centres de recherche soit pour des travaux de recherche sur le terrain, l’intégration des étudiants étrangers.

-- Les centres de recherche de Sciences Po sont très présents au sein de l’École doctorale --

L’École doctorale fait en sorte que tous les doctorants soient obligatoirement affiliés aux centres de recherches de Sciences Po qui doivent les accueillir en leur fournissant une aide matérielle et les intégrer à leurs activités scientifiques. L’École doctorale informe les centres de ses initiatives cependant que les centres l’informent, en retour, de leurs politiques de recherche.

Nombre de chercheurs – de statut CNRS ou FNSP - participent aux activités d’enseignement de l’École doctorale et assurent le tutorat des étudiants de DEA ou des étudiants étrangers. La plupart des universitaires titulaires de l’IEP de Paris sont chercheurs associés dans les centres de recherche de Sciences Po et ils y développent leurs activités de recherche.

L’École doctorale travaille aussi en étroite coopération avec le Centre américain de Sciences Po, qui aide les étudiants en DEA et les doctorants en leur communiquant toutes les informations pratiques sur les universités et les centres de recherche aux États-Unis et en organisant des séminaires d’information et de recherche ainsi que des conférences animés par des professeurs invités ou spécialistes de cette zone.

L’École doctorale, en liaison avec la Direction scientifique, œuvre pour rapprocher davantage encore les centres de recherche de l’activité de formation à la recherche. La synergie est encore appelée à se renforcer.

-- La politique pédagogique de l’École doctorale se déploie bien sûr à l’intérieur de chacun des DEA qui la composent --

Ces DEA ont leurs spécificités mais tous s’engagent à approfondir l’internationalisation de la formation à la recherche en invitant des professeurs étrangers qui, s’ils ne sont pas francophones, enseignent en anglais, en incitant les étudiants à pratiquer l’anglais et à travailler sur des sujets comparatifs ou non spécifiquement français. De même, tous les DEA favorisent la circulation des étudiants entre les DEA.

Chaque DEA accueille dans certains de ses enseignements des étudiants venus d’un autre DEA sur la base d’un contrat pédagogique correspondant aux besoins de la recherche de l’étudiant. Il ouvre réciproquement à ses étudiants et dans les mêmes conditions la possibilité de participer aux enseignements d’un autre DEA. Ces participations croisées nécessitent dans tous les cas l’accord des équipes de DEA.

L’École doctorale de Sciences Po encourage les étudiants à travailler sur des sujets transversaux. Les deux cycles supérieurs de perfectionnement proposés aux étudiants (Europe et États-Unis) sont composés de séminaires ouverts aux étudiants préparant un DEA en économie, sociologie, science politique et histoire mais consacrés à un sujet européen ou américain. Les étudiants préparent ainsi des DEA portant une mention européenne ou américaine. Ils côtoient dans ces cycles des doctorants se spécialisant sur des sujets européens ou américains.

Mais l’École doctorale concentre ses plus importants efforts sur les doctorants. Ils sont encadrés de trois façons. D’une part, par le directeur de thèse. D’autre part, par leur insertion dans leur centre de recherche de rattachement qui, généralement, propose des séminaires et des groupes de travail. Enfin, par une politique articulée de séminaires et de groupes de travail au sein de l’École doctorale.

Dans la plupart des cycles, lors de leur première année de thèse, les doctorants sont en outre obligés de suivre un séminaire de recherche. Il existe ainsi un séminaire d’histoire, de sociologie, de science politique, de sociologie politique et de politiques publiques, d’analyse comparative des aires politiques. Ce dernier cycle organise aussi des séminaires de doctorants « décentralisés » qui s’adressent aux étudiants qui sont sur leur terrain. Des professeurs les réunissent dans une ville d’une aire géographique précise (Europe de l’Est et Russie, monde arabo-musulman, Asie) pour suivre l’avancement de leurs travaux. De même, le cycle supérieur de relations internationales organise chaque année une rencontre de ses étudiants de DEA et de ses doctorants avec leurs homologues de l’Université britannique de Kent. Ce genre d’initiatives est appelé à se multiplier.

Une série de séminaires de recherche sont ensuite proposés aux doctorants sur un thème précis, par exemple, les séminaires « L’environnement, lieu d’innovation de l’action publique, Nouveaux instruments, nouvelles procédures » (PROSES), « Européanisation des politiques publiques et intégration européenne » ou encore les rencontres doctorales internationales plus spécialement destinées aux doctorants étrangers qui séjournent à Sciences Po.

Un réseau européen de doctorants en sociologie urbaine a été mis en place par Marco Oberti (maître de conférences à l’IEP de Paris) et Patrick Le Galès (Directeur de recherche au CNRS/CEVIPOF), en liaison avec les Universités de la Bicocca (Milan), la London School of Economics, l’Université Humboldt de Berlin : ce réseau organise de manière régulière des séminaires de travail réunissant les doctorants de ces différentes institutions.

A la rentrée 2001, l’École doctorale a lancé une politique active de groupes de travail sur des thématiques transversales associant plusieurs disciplines. Animés par au moins un universitaire et un chercheur de deux disciplines, par exemple la sociologie et l’économie, l’histoire et la science politique, l’économie et la science politique, ces groupes rassemblent des doctorants travaillant sur des thèmes proches mais relevant de disciplines différentes ; à titre d’exemple : « Les transformations de la démocratie : partis et institutions politiques », « Cycle de vie et génération », « Nationalismes, communautarismes et mouvements identitaires - théories et pratiques ». Ils ont une durée de vie limitée à deux ans. Durant cette période, les étudiants présentent l’état de leurs travaux, auditionneront des experts, discutent d’autres recherches. Ils terminent leurs activités par l’organisation d’une journée d’études, de préférence à dimension internationale, avec des doctorants d’autres pays et des chercheurs confirmés.

b) Les moyens mis au service de l’École Doctorale

-- Une amélioration très sensible des conditions de travail --

- L’extension et le regroupement des locaux mis à la disposition des filières doctorales
Des progrès notables ont été réalisés depuis cinq ans. La location de 1800 m² aux 197-199 boulevard Saint-Germain, autorisé par le Ministère de l’éducation nationale et largement financé par celui-ci, a permis de rassembler les formations doctorales de science politique et de sciences économiques dans un même ensemble comportant salles de cours, bureaux des professeurs, salles de documentation et salles informatiques. Les installations du cycle supérieur de sociologie dans un bâtiment situé 5, place Saint-Thomas d’Aquin (à une cinquantaine de mètres du 199) et du cycle supérieur d’histoire du XXe siècle au 224, boulevard Saint-Germain (à une vingtaine de mètres du 199), ont permis d’achever le processus de regroupement de l’École doctorale dans un petit périmètre.
Grâce à cette extension des locaux, tous les enseignants-chercheurs de l’IEP de Paris sont désormais dotés de bureaux personnels.

- Le renforcement de l’accès aux ressources documentaires et le développement de l’équipement informatique
Des efforts importants ont été entrepris ces dernières années pour faciliter l’accès des étudiants et des enseignants de l’École doctorale aux ressources documentaires
L’École doctorale dispose d’une bibliothèque réservée aux étudiants de 3èmes cycles et aux enseignants-chercheurs comprenant plus de 15 000 titres en accès direct (ouvrages et périodiques). Elle est installée au 199, boulevard Saint-Germain, au cœur de l’École doctorale.
La bibliothèque de Sciences Po est dépositaire de 600 thèses dont 40 sont microfilmées.
Des formations au logiciel de recherche documentaire sont proposés aux étudiants et aux enseignants.
L’effort a également porté sur la modernisation et l’accroissement de l’équipement informatique.
Désormais, tous les enseignants-chercheurs sont dotés d’un équipement informatique personnel.
Les étudiants ont à leur disposition deux salles informatiques, situées au sous-sol du 199, boulevard Saint-Germain, comprenant une trentaine de postes connectés à l’Internet et équipés d’un matériel adapté aux besoins spécifiques des études doctorales (notamment en matière de logiciels : SPSS, SAS, etc.)
Depuis plusieurs années, tous les étudiants et les enseignants de l’École doctorale, disposent d’une adresse e-mail à Sciences Po.

-- Renforcement des moyens humains et financiers mis aux services de l’École doctorale --

Afin de soutenir efficacement la politique de développement de l’école doctorale, ses moyens humains et financiers ont été accrus
- Du point de vue des ressources humaines
L’École doctorale est dotée d’un secrétaire général (dont l’emploi a été créé en 2000). L’ensemble des personnels administratifs œuvrant pour les DEA et les doctorants est placé sous son autorité.

- Du point de vue budgétaire
Les budgets de tous les DEA et celui de l’École doctorale sont fondus en un budget unique, établi chaque année par l’administrateur de la FNSP sur proposition du directeur de l’École doctorale, après avis du directeur scientifique.

c) Les débouchés

-- Les débouchés des DEA --

Le DEA représente la première année de la formation doctorale. Néanmoins, les DEA de l’École doctorale de Sciences Po sont conçus pour donner aux étudiants une capacité de recherche et d'analyse scientifique à la fois théorique et pratique, c’est-à-dire qu’ils offrent une formation à la recherche et une formation par la recherche ouvrant sur deux types de débouchés :
- les carrières universitaires, qui passent par la rédaction d'une thèse de doctorat ;
- des emplois hors du champ universitaire, dans des secteurs d’activités professionnelles d’une extrême diversité : conseil, études, journalisme, finance et banque, etc.
En moyenne de 35 à 40% des étudiants inscrits dans les DEA de l’École doctorale de Sciences Po s’inscrivent en doctorat. Cette proportion peut varier selon les cycles.

-- Le nombre des thèses soutenues --

L’évolution du nombre de thèses soutenues à Sciences Po a été la suivante.

Comme les y invite la Cour, les autorités de la FNSP et de l’IEP de Paris s’efforceront d’affiner l’analyse des coûts complets contrat par contrat et de développer une comptabilité analytique homogène pour l’ensemble des centres de recherche.


Notes


1) Ils étaient en 140 en 1996 et en 158 en 2001 (en comptant les chercheurs et enseignants-chercheurs du CSO, ex-unité propre du CNRS associée à Sciences Po depuis la signature du contrat quadriennal 2001-2004).

2) Il y a 46 enseignants-chercheurs permanents titulaires à l’IEP de Paris. Les 35 professeurs des Universités (PR) et les 11 maîtres de conférences des Universités (MC) de l’IEP de Paris se répartissent disciplinairement de la façon suivante :
- science politique 14 (12 PR et 2 MC)
- sciences économiques 11 (8 PR et 3 MC)
- histoire 9 (6 PR et 3 MC)
- sociologie 8 (5 PR et 3 MC)
- droit 3 (PR)
- aménagement de l’espace et urbanisme 1 (PR)
On observera que, contrairement à une idée reçue, la science politique n’occupe pas une place majoritaire chez les enseignants-chercheurs de l’IEP de Paris (30% des effectifs).

3) Chercheurs étrangers accueillis par un laboratoire pour une durée supérieure ou égale à 6 mois.

4) EN : Éducation nationale.

5) DR1 : directeur de recherche de 1ère classe ; DR2 : directeur de recherche de 2ème classe ; CR1 : chargé de recherche de 1ère classe ; CR2 : chargé de recherche de 2ème classe ; PR : professeur des Universités ; MC : maître de conférences des Universités ; CE : chargé d’études ; ADM : personnel administratif.

6) En années.

7) Rappel des dates de création des unités : CERI (1952), CEVIPOF (1960), OIP (1988), CSO (1964), OSC (1988), OFCE (1981), SEAE (1952) et CHEVS (1984).

8) Personnels scientifiques et administratifs compris. Personnels éducation nationale exclus.

9) Le CSO n’a été effectivement associé à la FNSP qu’à partir de la signature du Contrat quadriennal 2001-2004.

10) Centre de recherche de Sciences Po non associé au CNRS.

11) Id.

12) Id.

13) C’est-à-dire, personnels intérimaires et vacataires exclus.

14) SHON = surface hors œuvre nette.

15) 470 m2 de la surface utilisée par le CSO sont pris en charge par le CNRS. Seuls 85 m2 de la SHON sont à la charge de la FNSP.

16) Le CSO n’a été effectivement associé à la FNSP qu’à partir de la signature du Contrat quadriennal 2001-2004.

17) Centre de recherche de Sciences Po non associé au CNRS.

18) Id.

19) Id.

20) C’est-à-dire l’ensemble des crédits de fonctionnement des centres de recherche et ceux propres à la Direction scientifique de Sciences Po.