12. Le système de gestion de scolarité


Le logiciel de gestion des enseignements développé au début des années quatre-vingtdix par l'I.E.P. était obsolète. La réforme de la scolarité en cours nécessitait que l'IEP puisse disposer d'un progiciel permettant une gestion modulaire et semestrielle, muni d'interfaces avec la comptabilité et la paye et accessible par Internet.

La volonté de reconnaissance à l'international a suggéré une orientation vers un outil utilisé par d'autres universités et écoles présentes sur le marché international. Le recours aux outils développés par l'agence de modernisation du ministère de l'Education nationale n'a pas été envisagé.

Le projet de "Campus numérique" a été lancé en décembre 1999, l'objectif étant la disponibilité des fonctionnalités minimales dès la rentrée 2000. Le projet était piloté par la direction de la scolarité de l'I.E.P, en l'absence de véritable direction du système d'information.

Le montant total du projet, pour 2000 et 2001 est de 18,475 MF (2,82 M€). Au budget prévisionnel 2002 sont inscrits 4,6 MF (0,70 M€)d'investissementet 300 000 F (45 734,71 €) de prestations, qui paraissent destinés au système de gestion de la scolarité. Le coût total de l'opération devrait dépasser 24 MF (3,66 M€) fin 2002. Ce montant sera financé en grande partie par l'État via le contrat de plan 2001-2004, signé fin avril 2002.

Le contrôle de cette opération appelle plusieurs remarques :

  • Aucun document à caractère prévisionnel datant de la fin de l'année 1999 ou du début de l'année 2000, donc antérieur au choix du progiciel de SCT. Corp et tentant d'approcher le coût de l'opération, n'a pu être fourni ;
  • L'information du conseil d'administration de la F.N.S.P. a été tardive et partielle. Préalablement à la signature du contrat avec SCT Corp., aucune information chiffrée n'a été communiquée au conseil antérieurement à la présentation du budget et des comptes, en mai 2000. Une présentation succincte a été faite à la commission paritaire le 15 mai 2000 puis au conseil de direction de l’I.E.P. le 22 mai suivant. Encore cette information est-elle éloignée de la réalité des chiffres : il est ainsi précisé que « le coût sera élevé : 3 millions de francs et 750 000 francs par an de maintenance ». En réalité, comme précisé plus haut, le coût provisoire constaté au 31 décembre 2001 atteint 18,475 millions de francs ;
  • Sélectionnée dans le cadre d'un appel d'offre portant sur une prestation de conseil et d'aide à l'écriture d'un cahier des charges d'un montant de 200 000 francs, la société Ernst & Young, a finalement facturé plus de 7 MF (1,07 M€) de prestations entre 2000 et début 2002. La plus grande partie de cette somme a été facturée sans aucun contrat préalable sur la base de « lettres de commandes » de quelques lignes signées par le directeur de la scolarité de l'I.E.P., sur papier à entête de l'I.E.P. Les préconisations de ce consultant dénotent une insuffisante prise en compte des spécificités de l'I.E.P. de Paris (absence d'équipe informatique formée, matériels inadaptés, multiples implantations). Ces choix, joints aux contraintes en termes de délai, ont entraîné des surcoûts (par exemple la réécriture sous Oracle des interfaces avec les applications développées initialement sous Access) ;
  • Le comité d'entreprise n'a pas été consulté. Cette irrégularité a donné lieu à une plainte auprès de l'inspection du travail, jugée recevable. Le comité a demandé une expertise. Ces démarches, procédures et dépenses auraient pu être probablement évitées grâce à une meilleure concertation ;

La mise en place du système de gestion de la scolarité illustre assez bien le fonctionnement juridique et institutionnel autorisé par la dualité de « Sciences Po ». La décision de changer le système de gestion de la scolarité a été prise par le directeur de l’I.E.P., dans le cadre de l'autonomie que lui confère le statut de grand établissement. Le fait d'assurer simultanément l'administration de la F.N.S.P. lui a permis d'engager une opération lourde et coûteuse en le dispensant de justifier devant le conseil d'administration la démarche prévisionnelle stratégique et financière, puis de faire financer cette opération par l'Etat sans être astreint aux procédures de mise en concurrence applicables aux marchés publics.

La Cour relève malgré tout qu'en dépit du défaut de prévision, des délais très brefs imposés pour l'exécution, des questions de méthode et des irrégularités juridiques, le projet "Campus numérique" offre finalement les fonctionnalités de gestion indispensables pour prendre en compte la révolution des technologies de l'information dans la vie pédagogique et intellectuelle de Sciences Po. Cette rénovation apparaissait une étape nécessaire pour mener à bien son internationalisation.

Le bilan de l'opération est d'autant plus positif pour Sciences Po et que les coûts seront en définitive pris en charge en grande partie par l'Etat, au titre du contrat 2001-2004 qui vient d'être signé.


Informations complémentaires apportées par Sciences Po

La Cour relève que « le projet ‘campus numérique’ offre finalement les fonctionnalités de gestion indispensables pour prendre en compte la révolution des technologies de l’information dans la vie pédagogique et intellectuelle de Sciences Po. Cette rénovation apparaissait une étape indispensable pour mener à bien son internationalisation ».
La Cour formule cependant des critiques sur les conditions de constitution de ce campus numérique auxquelles les autorités de la FNSP et de l’IEP de Paris souhaitent apporter des éclaircissements.
Le Conseil d’administration a été tenu régulièrement informé de l’avancement du projet lors des séances d’avril et de novembre 2000 ; puis, chaque année, lors des séances consacrées au budget et aux comptes.
La nécessité impérative était d’assurer la rentrée 2000 à l’aide de ce nouveau système de gestion, puisque l’ancien système ne pouvait gérer les nouvelles conditions d’études et de scolarité. Sans excuser les défauts relevés par la Cour dans le processus de décision, cette contrainte de temps peut les expliquer.
La réussite de la mise en œuvre d’un système informatique aussi complexe doit être portée au crédit des salariés qui ont su se mobiliser avec efficacité pour le succès d’un tel projet.

a) En même temps que se précisait la réflexion sur la réforme des études et de la scolarité, s’est posée la question du choix et de la mise en place d’un système d’information permettant une gestion modulaire et semestrielle, muni d’interfaces avec la comptabilité et la paye, et accessible par internet.

Trois solutions étaient envisageables a priori :
- une modification en profondeur du système existant, dont le pivot était un ordinateur fonctionnant sous AS400 ;
- le développement d’un nouveau système, spécifique à Sciences Po ;
- l’adaptation d’un progiciel (système déjà construit et mis en place par d’autres écoles et universités).

La modification en profondeur du système sous AS400 n’était pas souhaitable car elle aurait rendu l’institution dépendante d’une technologie de plus en plus obsolète et non compatible avec le Web.

De fait, cette possibilité avait été testée en grandeur nature pour la gestion sous AS400 du Programme International de Sciences Politiques et Sociales du Premier cycle, dont la scolarité préfigurait la réforme (semestrialisation, choix de modules, crédits ECTS, etc.).

A cette occasion, le système s’était révélé :
- trop centralisé, ne permettant pas aux chargés de mission et aux secrétariats un accès suffisant à l’information sur ce programme ;
- trop normalisant, n’autorisant pas la gestion « à la carte » du contenu de la formation des étudiants ;
- donc insuffisamment adaptable.
Plutôt qu’un développement autarcique, et de ce fait souvent dangereux en matière informatique, la solution progicielle a été préférée, sachant qu’elle permet de bénéficier de mises à jour régulières qui améliorent les fonctionnalités disponibles.

b) Sciences Po a alors lancé un premier appel d’offres portant sur une prestation de conseil et d’aide à l’écriture d’un cahier des charges. Le dépouillement des réponses a donné lieu à une analyse présentée au Comité exécutif de Sciences Po en janvier 2000.
Au terme de cet appel d’offres auquel ont répondu 7 sociétés, la société Ernst & Young Entrepreneurs a été choisie, pour un contrat d’un montant de 192 000 francs HT (229 600 francs TTC).

c) S’agissant du progiciel de gestion lui-même, a tout d’abord été envisagée l’hypothèse d’un recours aux outils développés par l’agence de modernisation du ministère de l’Education nationale. Exclusivement spécialisé dans le suivi budgétaire et comptable des universités, et répondant donc aux normes de la seule comptabilité publique, le progiciel NABUCCO a été immédiatement écarté. On notera au passage que, dès l’année 2000, ce progiciel était jugé dépassé par la Commission des finances de l’Assemblée nationale. Exclusivement dédié à la gestion des ressources humaines dans les Universités, le progiciel ARPEGE a également été écarté puisqu’il ne prend en compte que la gestion publique d’agents publics, ATOSS et enseignants-chercheurs, quand la FNSP emploie des salariés de droit privé et a recours à des vacataires pour assurer l’essentiel des enseignements. Enfin, logiciel de scolarité fonctionnant en année et non en semestre, non compatible avec le Web (une plus grande ouverture du produit et la prise en compte des environnements Web sont prévues pour une version qui devrait être livrée en mai 2003) et non encore adapté aux procédures d’harmonisation européenne, le progiciel APOGEE n’a pu être retenu.

Le processus de sélection du progiciel a donc été conduit par appel d’offres, et en toute transparence. Trois grands éditeurs de progiciels ont répondu : SCT CORP (l’éditeur de Banner), Peoplesoft et SAP.

Seuls SCT et Peoplesoft avaient suffisamment d’expérience dans le monde éducatif pour que leurs progiciels soient adaptés aux besoins de Sciences Po. Deux éléments ont conduit au choix de SCT par rapport à Peoplesoft :
- les études du Gartner Group (cabinet de conseil anglo-saxon qui effectue des études stratégiques sur les éditeurs et solutions de gestion informatique : ses analyses portent sur les évolutions des services, solutions de gestion et marchés informatiques ; il fait des analyses par type de solution, par type de secteur d’activité, par pays, etc. ; il travaille en particulier sur l’enseignement) classaient SCT comme mieux placé dans le monde éducatif, ce qui était corroboré par le fait que des universités partenaires de Sciences Po, ainsi que l’ESSEC et l’INSEAD, avaient déjà choisi SCT ;
- et, surtout, les enquêtes auprès des clients de SCT et de Peoplesoft, dont certains partenaires de Sciences Po, ont montré que les clients SCT avaient pu mettre en place le progiciel relativement rapidement, alors que beaucoup de clients Peoplesoft étaient aux prises avec des dépassements de planning et de budget très importants (mise en place sur 3, 4, voire 5 ans).

Le choix du nouvel outil de gestion des scolarités a donc découlé d’une analyse du marché. De fait, le choix de ce progiciel ainsi que son financement ont été validés par la Direction de l’enseignement supérieur du ministère de l’Education nationale. La direction de la technologie avait été consultée par la direction de l’enseignement supérieur. La validation par ces deux Directions était d’autant plus importante que toutes deux ont une vision globale et transversale des outils utilisés par l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur. Cet accord s’est notamment traduit, comme la Cour le fait d’ailleurs remarquer, par un financement spécifique de 2,8 millions d’euros (18 millions de francs) dans le cadre du contrat quadriennal 2001-2004. L’association très en amont de la direction de l’enseignement supérieur s’est concrètement traduite par l’avance sur contrat consentie par lettre de l’Adjoint à la Directrice de l’Enseignement Supérieur en date du 7 septembre 2000.

d) Le processus de changement du système de gestion de scolarité a été lancé à l’automne 1999, l’objectif étant d’assurer des fonctionnalités minimales dès la rentrée 2000 : catalogue des enseignements, gestion des enseignants et des étudiants, des salles et des plannings d’occupation, inscriptions pédagogiques et notation. Le décès brutal de François Reiner, le directeur des systèmes d’information qui avait conduit avec succès l’implantation du progiciel Bestseller au sein des services de documentation pour la gestion informatique de la bibliothèque, a contraint la direction des études et de la scolarité à prendre en charge directement cette conduite de changement.

e) Compte tenu de l’ampleur du projet, des délais dans lesquels il devait être lancé, et, surtout, du manque de compétences internes en matière de conduite de projet informatique dont Sciences Po souffrait à l’époque, il n’a pas été possible d’évaluer précisément le coût global de l’opération dès la fin de l’année 1999 ou le début de l’année 2000. En revanche, dès que le projet a pu être cerné, des évaluations budgétaires ont été construites et régulièrement présentées au Conseil d’administration de la FNSP.
Le budget consacré à l’outil Banner a été de 20,5 MF, soit 3,12 M d’euros. Ce budget a été révisé en temps réel à chaque fois que le développement de fonctionnalités nouvelles paraissait souhaitable et le Conseil d’administration de la FNSP en a été informé dans les plus brefs délais. C’est un budget en hausse par rapport à celui qui avait été présenté au Conseil d’Administration de la FNSP le 21 avril 2000, pour un montant de 15,5 MF sur les 5 années 2000-2004, puis porté à 17,88 MF lors du Conseil du 14 novembre 2000. Aujourd’hui les développements nouveaux sont effectués soit en interne par la Direction des Systèmes d’Information, ce qui n’a pas d’autre coût que celui du temps consacré par ce service, soit en sous-traitance, auquel cas le budget est révisé en temps réel et soumis à l'approbation du comité de pilotage Banner Campus numérique, avant d’être présenté au Conseil d’administration. Le coût d’un développement spécifique en sous-traitance dépend du nombre de jours de développements requis ; il s’établit en moyenne à 15 / 20 000 euros (à raison de 900 / 950 euros TTC par jour de prestation).

f) La société Cap Gemini – Ernst & Young n’était pas présente à Sciences Po au moment du lancement de l’implantation du progiciel Banner. En effet, le contrat entre cette société et la FNSP pour l’assistance à maîtrise d’ouvrage du chantier de rénovation du 30, rue Saint-Guillaume est daté du 2 juillet 2001. En tout état de cause, la société Cap Gemini – Ernst & Young est le produit du rachat par Cap Gemini, en mai 2000, de la part conseil Grands comptes de Ernst & Young. Dès avant ledit rachat, cette dernière était déjà distincte de Ernst & Young Entrepreneurs.

Sélectionnée comme évoqué plus haut dans le cadre d’un appel d’offres portant sur une prestation de conseil et d’aide à l’écriture d’un cahier des charges, la société Ernst & Young Entrepreneurs a poursuivi sur une seconde mission d’assistance. Outre l’extrême brièveté des délais d’implantation (signature du contrat avec SCT Corp le 11 mai 2000 et impératif de réussir la rentrée 2000) qui aurait rendu problématique le passage par un nouvel appel d’offres pour assistance à maîtrise d’ouvrage, la compétence acquise par les consultants de cette société lors de la rédaction du cahier des charges a justifié la décision prise par Sciences Po de poursuivre avec elle. Une intime connaissance de l’ensemble des fonctionnalités indispensables à la gestion réussie des scolarités était en effet indispensable à la bonne adaptation fonctionnelle du progiciel aux spécificités de Sciences Po. Par ailleurs, l’absence d’une Direction des systèmes d’information structurée imposait un recours à une assistance externe. Il a paru à la fois plus sûr et plus efficace de s’adresser à l’équipe qui venait de prendre en charge la partie technique du cahier des charges.
Les prestations facturées par Ernst & Young Entrepreneurs à la FNSP l’ont certes été à partir de « lettres de commandes » signées par le directeur adjoint de l’IEP, directeur des études et de la scolarité et responsable du projet Banner. Elles ont été suivies avec précision.

Dès le mois de juin 2000, les consultants d’Ernst & Young Entrepreneurs ont souligné les éléments de complexité induits dans la conduite du projet par les spécificités de Sciences Po (absence d’équipe informatique formée, matériels inadaptés, multiples implantations). Ces éléments ont conduit à accélérer la réflexion sur la meilleure évolution possible des ressources de Sciences Po en matière de système d’information évoquée plus haut (Cf. point 11 du présent document). Par la suite, une part de l’assistance apportée par Ernst & Young Entrepreneurs a précisément porté sur le recrutement d’un directeur des systèmes d’information (travail sur plusieurs scénarios : recrutement ou externalisation ; rédaction de fiches de poste ; interface avec le cabinet de recrutement EXPECTRA), procédure de recrutement qui a débouché le 26 février 2001 sur l’embauche de Michel Altazin par la FNSP.

Ces choix ont certes eu des coûts, mais ceux-ci ont paru justifiés compte tenu des contraintes en termes de délais et d’organisation interne qui étaient celles de Sciences Po à l’époque.

Par ailleurs, la Cour relève un « surcoût entraîné par la réécriture sous Oracle des interfaces avec les applications développées initialement sous Access ». Il s’agit d’une interface avec le logiciel de paie JUNON développé sous Access en novembre-décembre 2000 par la société Brainsoft de façon à permettre d’ordonnancer la première paie des enseignants suivant la rentrée 2000. Cette interface a été développée sous Access faute de la présence à Sciences Po de ressources informatiques compétentes sous Oracle. Elle a été re-développée sous Oracle en 2002 et mise en production pour la paie de décembre 2002. Elle a donc été utilisée deux ans.

g) Il est vrai que le Comité d’Entreprise n’a pas procédé à un vote formel sur le projet. Mais il a été en permanence informé de l’avancement du dossier et des présentations spécifiques lui ont été faites. D’ailleurs, « le délit d’entrave est caractérisé lorsque le Comité d’Entreprise n'a jamais pu obtenir les informations qui lui auraient permis de formuler un avis circonstancié sur un projet d'introduction d'une nouvelle technologie » (Cass. crim. 17 juin 1986 n° 85-95.034), ce qui n’est assurément pas le cas à la FNSP. Les spécialistes ajoutent même que le délit d'entrave, comme toute infraction pénale, nécessite la conjugaison de trois éléments : l'élément matériel (le fait incriminé), l'élément légal (la loi enfreinte) et l'élément intentionnel (la volonté du délinquant). Dans le cas de la FNSP, il n'y a aucun élément intentionnel puisque le projet de changement de progiciel de gestion de la scolarité a été présenté au Comité d’Entreprise dès que le projet de réforme de la scolarité a été validé, alors que le Comité d’Entreprise lui-même, sur ce point, s'étonnait d'être informé.

En tout état de cause, la non consultation préalable du Comité d’Entreprise a entraîné la demande par celui-ci d’une expertise dont le coût s’est élevé à 74 152 euros TTC.

Ces démarches, procédures et dépenses auraient probablement pu être évitées grâce à une meilleure concertation, comme la Cour le souligne. Mais il y avait à l’époque une situation de blocage absolu avec l’organisation syndicale majoritaire. Et les délais étaient si serrés que tout retard résultant d’une politique déterminée d’obstruction au sein du Comité d’entreprise aurait signifié l’échec du projet.

h) La mise en place du système de gestion de la scolarité illustre bien le fonctionnement juridique et institutionnel autorisé par la dualité de Sciences Po. Il se trouve simplement que, depuis 1945, les plus hautes autorités de l’Etat ont voulu qu’une même personne exerce les fonctions de directeur de l’IEP et d’administrateur de la FNSP. Cette simultanéité a été jugée indispensable à la bonne marche de Sciences Po. Soulignons cependant qu’à partir du moment où mention a été faite devant le Conseil d’administration de la FNSP du changement de logiciel de gestion de la scolarité, cette instance a été régulièrement et systématiquement informée de l’avancement du projet et de son coût.

i) Moyennant 4 mois de travail intensif de mai à août 2000, Banner a effectivement permis d’assurer la rentrée 2000. Cette mise en place s’est prolongée depuis, dans une double perspective : extension des fonctionnalités existantes à l’ensemble des services de Sciences Po et mise en place de nouvelles fonctionnalités pour exploiter toute la puissance de l’outil.

Aujourd’hui, le progiciel « Banner » de gestion de la scolarité concerne :
- la pédagogie pour l’ensemble du 1er cycle et du cycle du diplôme (catalogue des enseignements, gestion des enseignants, des étudiants et des salles de cours, inscriptions pédagogiques des étudiants sur le Web, emplois du temps des enseignants et des étudiants, notation par les enseignants, diplômation, fiches d’évaluation des étudiants et des enseignants, etc.) ;
- la gestion administrative des étudiants de 1er cycle, cycle du diplôme et 3èmes cycles (droits de scolarité, sécurité sociale, mutuelles, carte d’étudiant, carte de bibliothèque, etc.) ;
- la gestion des salles, des plannings d’occupation et de la paie des enseignants ;
- la gestion des stages en cours d’études et des coordonnées des diplômés par Sciences Po Avenir ;
- les admissions des étudiants étrangers pour la Direction des affaires internationales et des échanges.

Ayant absorbé la plus grande part de la charge de travail induite par la semestrialisation, accessible via Internet, « Banner » rend ainsi de grands services aux étudiants et aux enseignants, de même qu’aux secrétariats et aux chargés de mission qui n’ont plus désormais à gérer de nombreux dossiers papiers ni à effectuer de doubles saisies.

Mieux encore, la richesse de l’outil Banner en termes de fonctionnalités devrait lui permettre de rendre plus de services encore qu’il ne le fait actuellement. Les axes d’orientation des travaux à venir sont les suivants :
- l’amélioration des fonctionnalités existantes, pour apporter davantage de confort aux personnes qui travaillent sur ce progiciel ;
- la mise en place de nouvelles fonctionnalités, concernant la scolarité et, notamment, la déclaration des candidatures ainsi que la gestion du dossier administratif des candidats admis sur le Web, pour alléger le travail de saisie des informations et faciliter les admissions ;
- la mise en commun au moyen d’une base de données partagée des informations sur les partenaires de Sciences Po : liens entre les diplômés, les entreprises, les enseignants, les stagiaires en formation continue (Quels diplômés enseignent à Sciences Po ? Quels diplômés suivent la formation continue ? Quels sont les enseignants présents à la fois en formation initiale et continue ? Quelles entreprises emploient les diplômés ? Sont-ce les mêmes qui versent la taxe d’apprentissage à Sciences Po ? etc.) ;
- l’extension du campus numérique à la vie étudiante et aux services extra-académiques que Sciences Po offre aux étudiants et enseignants.

Au-delà de la seule mission d’enseignement, le développement du progiciel « Banner » pourra ainsi permettre aux différents services de Sciences Po, ainsi qu’aux communautés étudiante et enseignante, de minimiser le temps passé aux tâches de gestion.