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Photographie
Ilots
intemporels , photographies de Thomas Jorion, 32 €.
en vente à la librairie.
L’album coup de cœur de l’équipe
librairie -
« J’ai choisi de rentrer dans des lieux clos
et laissés à l’abandon, autrefois lieux
animés, de vie, de loisirs ou de prestige pour les
saisir et les partager »
Que reste-il en Allemagne de l’Ouest, en Italie, au
Japon, ou aux États-Unis des univers qui étaient
les nôtres quand le nouveau a remplacé l’ancien
devenu obsolète ou lorsque la crise et les délocalisations
sont passées par là ? Usines nobles et silencieuses,
prisons et bases militaires désertes, théâtres
et villas cossues qui s’effondrent inexorablement.
« Certains lieux se retrouvent ainsi comme «
figés » dans le temps, alors même que
notre société se développe et file
à cent à l’heure ».
Clichés d’une rare force, mêlant tour
à tour l’effrayante décomposition des
ensembles ; poésie et nostalgie des lieux, beauté
tranquille d’une nature qui reprend peu à peu
tous ses droits, le photographe Thomas Jorion saisit avec
justesse la fragilité voire l’insignifiance
de notre civilisation dans cet impressionnant et magnifique
album à découvrir ou à offrir !
Retrouvez
quelques clichés exclusifs de Thomas Jorion, actuellement
à la galerie Wanted 23, rue du roi de Sicile, 75004
Paris
Asylum.
Inside the closed world of mental hospitals, photographies
de Christopher Payne, éditions MIT Press, 210 p.,
36 €.
L’“institution totale”, pour reprendre
le mot d’Erving Goffman, est dévoilée
ici au travers de photographies dont la beauté contredit
la somme de souffrance morale et physique que ces lieux
ont connu. Beauté vénéneuse de ces
institutions américaines datant de l’époque
victorienne, à une époque où, comme
il nous l’est rappelé dans l’essai introductif,
en l’absence de médicaments adaptés,
seul un « traitement moral » existait.
Ce livre est en anglais, mais son intérêt provient
essentiellement des photographies : que lesnon-anglicistes
ne soient donc pas rebutés, c’est un objet
rare que l’on tient ici
Little
people in the city. The street art of Slinkachu, éditions
Boxtree, 128 p., 19,95 €.
Partants pour une petite visite de Londres version lilliputienne
?
C’est ce que propose cet album pour le moins original,
regroupant plus d’une centaine de clichés de
l’artiste de rues Slinkachu.
Au beau milieu de la jungle urbaine, de minuscules figurines
de plastiques sont disposées, recréant des
mises en scènes éphémères tour
à tour amusantes, singulières, souvent poétiques
et parfois terrifiantes.
Chaque focus sur les personnages et accompagné d’une
vision générale, remettant la scène
dans son contexte réel : surprise et émerveillement
garantis !
Artivisme,
de Stéphanie Lemoine, éditions Alternatives,
191 p., 39 €.
S’interroger
sur le pouvoir de l’art comme dispositif aboutissant
à des actes politiques n’est pas un sujet nouveau.
Mais ce que cet ouvrage a de singulier, c’est qu’il
s’intéresse aux formes novatrices de création
qui n’obéissent à aucune règle
traditionnelle. Des collectifs comme Free ou les Guérilla
Girls en passant parle graffeur Banksy, ce livre mêlant
reproductions d’oeuvres, interviews et analyses dresse
un état des lieux de la nouvelle vague d’artistes
qui souhaitent militer autrement.
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Littératures
Mémoires
de Napoléon. La campagne d’Italie, édition
présentée par Thierry Lentz, éditions
Tallandier, 339 p., 23,90 €.
« Ce fut un spectacle sublime que l’arrivée
de l’armée sur les hauteurs de Montezemolo
:de là elle découvrait les immenses et fertiles
plaines du Piémont. Le Pô, le Tanaro, une foule
d’autres rivières serpentaient au loin. Cette
ceinture, blanche de neige et de glace, d’une prodigieuse
élévation, cernait à l’horizon
ce riche bassin de la terre promise. Ces gigantesques barrières,
qui paraissaient les limites d’un autre monde, que
la nature s’était plu à rendre si formidables,
auxquelles l’art n’avait rien épargné
, venait de tomber comme par enchantement : "Hannibal
a forcé les Alpes, dit Napoléon en fixant
ses regards sur ces montagnes, nous, nous les avons tournées
!" Phrase heureuse, qui résumait en
deux mots la pensée et l’esprit de la campagne.
»
Comment ne pas être réticent au démarrage
de ces Mémoires où Napoléon parle de
lui-même à la troisième personne, se
donnant du « Napoléon », du « Bonaparte
» ou de « l’empereur » ? Comment
en effet ne pas se rappeler Clausewitz, qualifiant ces Mémoires
de « rêve » dénué de sincérité
?
Pourtant, la lecture de ce livre, événement
éditorial majeur, s’avère absolument
passionnante : on suit les avancées stratégiques
et diplomatiques avec grand intérêt, dans une
Italie dépeinte avec un grand réalisme ; bref
quel style, malgré ici ou là un égocentrisme
trop évident ! Pour votre père …ou tout
simplement pour vous ?
Walden,
de Henry David Thoreau, préface de Jim Harrison,
éditions Le Mot et le Reste, 363 p., 23 €.
Le grand livre de Thoreau, Walden, reparaît ces jours-ci,
dans une nouvelle traduction : l’occasion de (re)découvrir
ce merveilleux livre !
Il est grand temps de se replonger dans les écrits
du chantre de la désobéissance civile, qui
ne cesse d’être récupéré
au fil des ans, accompagnant telle ou telle revendication
sociale, ou tel ou tel groupe « libertaire »,
sans que le barde américain n’ait forcément
été lu.
Laissons parler Jim Harrison dans l’introduction :
« L’expérience que fit Thoreau de
la survie et de l’isolement dura deux années,
pendant lesquelles il resta en contact avec son célèbre
mentor, Ralph Waldo Emerson. Cette proximité est
importante, car aujourd’hui ceux qui se réfugient
dans le monde naturel croient malin d’endosser une
panoplie anti-intellectuelle, une pose que Thoreau n’a
jamais eu l’intention d’adopter. Pour lui, la
vie de l’esprit était tout aussi naturelle
qu’un arbre. C’est triste à dire, mais
Thoreau mourut à moins de cinquante ans ; eût-il
vécut plus longtemps, on aurait pu s’attendre
à ce que ses intuitions déjà très
inclassables s’épanouissent avec l’âge
en des idées pénétrantes et originales,
à la manière du grand écrivain qu’est
Gaston Bachelard ».
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Cadeau d'assiette
300
citations pour convaincre, choisies par Michaël
Aguilar, éditions Dunod, 123 p., 5,50 €.
Ce
petit livre truffé de citations s'avèrera
précieux dans de nombreux cas de figure: en 17 chapitres,
et autant de situations données, des citations de
personnalités ont été soigneusement
sélectionnées.
Vous
souhaitez vous lancer, inciter un ami à être
plus audacieux?
"Le
monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal,
mais par ceux qui les regardent sans rien faire."
Albert Einstein
"La
persévérance, c'est ce qui rend l'impossible
possible, le possible probable et le problable réalisé."
Léon Trotsky
Vous
remettre en question ou bien essayer de modifier le point
de vue de quelqu'un?
"Le
grand art, c'est de changer pendant la bataille. Malheur
au général qui arrive au combat avec un système."
Napoléon Bonaparte
"Une
idée fausse, mais claire et précise, aura
toujours plus de puissance dans le monde qu'une idée
vraie, mais complexe." Alexis de Tocqueville
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BD
La
propagande dans la BD. Un siècle de manipulation
en images, de Fredrik Strömberg, traduction de
Jérôme Wicky, éditions Eyrolles, 176
p., 29 €.
Russie, 1971 : une sculpturale héroïne, sorte
de Brigitte Bardot mongoloïde, répondant au
nom d’Octobriana, vantant les mérites de la
révolution d’Octobre 1917, ça n’existe
pas !
Israel, de nos jours : un super-héros, baptisé
« Shaloman » ( !), corrigeant à coups
de poings dans la figure de dangereux terroristes palestiniens,
dépeints comme des bouffons maladroits, ça
n’existe pas !
Etats-Unis, 1940 : Superman, super-héros par excellence,
est le grand héros de la seconde guerre mondiale,
après avoir appréhendé Hitler et Staline,
et les avoir conduit manu militari devant leurs juges de
la Société des Nations : ça n’existe
pas !
Détrompez-vous, tout est vrai : avec ce livre magistral
vous comprendrez que la BD n’est pas (seulement) le
royaume des animaux rigolos et des valeureux bonshommes
en costume d’astronaute ou de cow-boys.
A lire absolument, et à conseiller à tous
les mordus d’histoire ou/et de BD !
La
bête est morte, de Calvo, éditions Gallimard,
78 p., 26 €.
Vous avez aimé « Maus » de Art Spiegelman,
mais connaissez-vous « La bête est morte »
crée 40 ans plus tôt ? Réalisée
pendant l’occupation par Calvo, caricaturiste de l’entre-deux
guerres, cette allégorie de la seconde guerre mondiale
est un chef d’œuvre d’inventivité
et d’humour décapant. Jugez plutôt :
Ici tous les protagonistes sont des animaux : Goering est
un cochon médaillé, Hitler un loup haineux,
les français des petits lapins, les britanniques
des bouledogues tenaces et le général de Gaulle
une cigogne ! Un cours d’histoire original pour les
ados et les moins jeunes, à offrir sans hésitation
!
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Jeunesse
    
Si
par une nuit d’hiver un voyageur…
Tout
–petits
La nuit vient de tomber, rentrons à la maison écouter
des histoires. Voici choisis, à prix très
doux, quelques classiques du Père Castor qui (vous)
les enchanteront !
Commençons
tout près de chez nous avec Les
bons amis (de Paul François
et Gerda Muller, éditions Flammarion, 15 p., 3,75
€): «
il neige tant et tant que les champs sont tout blancs. Ce
petit lapin n’a plus rien à manger. Rien. Il
ouvre sa porte…. » Et s’ensuit
une histoire d’amis généreux, façon
comptine comme on aime de deux à quatre ans, indémodable
!
Noël passé, la galette des rois sera sur les
tables et nos rois et reines rêveront de cette couronne
dorée mais connaissent-ils ce conte russe Roule
Galette (de Natha Caputo et Pierre Belvès,
éditions Flammarion, 22 p., 4,20 €) d’une
galette faite de grains de blé ramassés dans
le grenier qui se laissa glisser du rebord de la fenêtre
«
on m’a mise à refroidir, mais j’ai mieux
aimé courir ! Attrape-moi si tu peux ».
Qui la rattrapera ? Le lapin ? Le loup ? L’ours ?
Le renard ?
Déjà
grands …
Mais qui a tant aimé s’en aller loin de chez
lui que Paul-Émile Victor, père de Jean-Christophe,
le célèbre animateur du Dessous des cartes,
à qui cette histoire est dédiée ? Publié
pour la première fois en 1948, incroyable mariage
du conte, et du document ethnographique, n’ayant pas
pris une ride depuis, voici APOUTSIAK
le petit flocon de neige (éditions Flammarion,
31 p ,7 €.) ou l’histoire d’un
petit esquimau du Groenland, de sa naissance à sa
mort. C’est la promesse d’innombrables heures
(et pour de longues années, de 4 ans à 77
ans ?) à observer bien au chaud dans notre igloo
les dessins du grand Paul-Émile Victor après
avoir suivi Apoutsiak à la pêche, à
la chasse, avec ses amis, devenu papa etc… Tout simplement
magnifique d’intelligence et de simplicité
: le bonheur d’une histoire bien racontée !
«
L’aube succéda enfin à la nuit, et à
la première heure l’enfant, sans bien connaître
la campagne environnante, partit une fois de plus à
la recherche de son chien Shiro. »
…et voilà que nous avons filé au Japon
pour découvrir avec les 6-9 ans Dix
petits contes à lire en compagnie (de
Iwaya Sazanami, Ilya Green, Marine Pénicaud, et Valérie
Rouzeau, éditions MeMo, 70 p., 25 €)
écrits par Iwaya Sazanami, le premier écrivain
japonais à écrire pour les enfants aux alentours
de 1900, et très joliment illustrés de gravures
aux talentueuses éditions MeMo dont nous avions tant
admiré l’année dernière «
Maintenant que tu sais ».
La
Présidente, de Geoffroy de Pennart, éditions
Kaléidoscope, 32 p., 13 €.
Carlotta
est élue présidente de la république
de Chamboulie. Pour son premier voyage officiel, elle part
pour le royaume de Chicania rencontrer Sa Majesté
Victor Ier. Mais Carlotta s’impatiente, le roi est
en retard…
Enfin un album qui aborde la politique de façon burlesque
pour le plus grand plaisir des petits et des grands!
Ou
même très grands !
Aurions-nous oublié les garçons de 7-10 ans
? Certainement pas ! Chaque année les éditions
Sarbacane proposent sous forme de grand album illustré
des aventures tirées de la littérature. Cette
année nous voici aux États-Unis avec Tom
Sawyer détective (histoire
originale de Mark Twain, adaptation de Christel Espié
et Anne-Sylvie Homassel, éditions Sarbacane, 91 p.,
25 €): aventure, diamants, meurtre, enfants
terribles, suspense et rire garantis … une véritable
invitation au plaisir de lire seul !
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